La championne de marathon Chepngetich écope de trois ans de suspension pour dopage, une sanction qui souligne la vigilance du système antidopage malgré les explications changeantes de l’athlète.
Lors d’un entretien avec l’AIU (Athletics Integrity Unit) en avril, Chepngetich, première femme à franchir la barre des 2h10 au marathon, n’avait pu fournir d’explication probante quant à son contrôle positif. Son échantillon d’urine révélait une concentration de 3 800 nanogrammes par millilitre (ng/mL) de HCTZ, une substance dont le seuil minimum de déclaration est de 20 ng/mL. Des traces infimes de cette même substance, inférieures au seuil, avaient déjà été détectées dans un échantillon prélevé deux semaines plus tôt, le 28 février.
Devant la persistance des doutes et la découverte d’éléments compromettants issus de son téléphone, qui furent présentés à l’athlète le 11 juillet, et alors que l’AIU avait par ailleurs écarté la piste d’une contamination accidentelle, Chepngetich a modifié sa version des faits le 31 juillet. Elle a alors affirmé avoir consommé le médicament de sa domestique, étiqueté HCTZ, suite à un malaise survenu deux jours avant le contrôle positif.
« De sérieuses réserves quant à la crédibilité de cette nouvelle version des événements » ont été émises par l’AIU. Dans le cadre des règles antidopage, une telle « insouciance » est assimilée à une « intention indirecte », passible d’une suspension accrue de quatre ans. Toutefois, une réduction automatique d’un an a été appliquée suite à la reconnaissance des violations des règles antidopage par Chepngetich dans le délai imparti de 20 jours.
La période de suspension de trois ans a débuté le 19 avril, date à laquelle Chepngetich a accepté une suspension provisoire volontaire. Par conséquent, tous les résultats, récompenses, titres, apparitions et gains de l’athlète depuis le 14 mars lui sont retirés.
David Howman, président de l’AIU, a souligné que cette affaire démontre que « personne n’est au-dessus des règles ». « Bien que décevant pour ceux qui avaient confiance en cette athlète, c’est ainsi que le système est censé fonctionner », a-t-il ajouté. Il a par ailleurs salué l’industrie de la course sur route pour avoir financé collectivement les efforts antidopage capables de détecter les violations commises par des athlètes de haut niveau lors de leurs compétitions.