Publié le 2025-10-04 18:28:00. Sanae Takaichi, figure conservatrice du Parti libéral démocratique (PLD), a remporté la direction du parti, se positionnant pour devenir la première Première ministre du Japon. Elle succède à Shigeru Ishiba après un vote interne.
- Sanae Takaichi a obtenu 185 voix au second tour, battant Shinjiro Koizumi (156 voix).
- À 64 ans, elle est vue comme une héritière politique de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe.
- Son parcours la place dans une position favorable pour être confirmée Première ministre par le Parlement.
Sanae Takaichi, chef conservateur du Parti libéral démocratique (PLD), s’est imposée lors du scrutin interne du parti, ouvrant la voie à une possible nomination comme première femme à la tête du gouvernement japonais. Lors du second tour de cette primaire, elle a recueilli 185 voix sur les 342 exprimées, devançant ainsi le ministre de l’Agriculture, Shinjiro Koizumi, qui a obtenu 156 soutiens. Ce dernier, âgé de 44 ans, espérait quant à lui marquer l’histoire en devenant le plus jeune leader politique du Japon d’après-guerre.
La victoire de Sanae Takaichi, 64 ans, admiratrice autoproclamée de Margaret Thatcher, intervient alors que le PLD cherche à se relancer face à une montée des positions anti-immigration. Sa désignation comme présidente du parti, suite à sa victoire sur Shinjiro Koizumi, fils d’un ancien Premier ministre, la place en position de favorite pour être officiellement désignée cheffe du gouvernement par la Diète (Parlement national) dans la semaine du 13 octobre.
Shinjiro Koizumi, 44 ans, était pressenti pour devenir le plus jeune Premier ministre de l’ère moderne et symboliser un renouvellement générationnel au sein du parti au pouvoir. Tous deux ont accédé au vote décisif après l’élimination de Yoshimasa Hayashi, surnommé « Monsieur 119 », ainsi que de deux autres candidats lors du premier tour. Aucun des cinq prétendants n’ayant atteint la majorité absolue, Takaichi et Koizumi se sont retrouvés en duel.
La nouvelle dirigeante du PLD devra obtenir le soutien de l’opposition pour être confirmée Première ministre lors du vote au Parlement, prévu le 14 octobre. Cette confirmation est toutefois considérée comme une formalité, le PLD et son allié Komeito ayant subitement perdu de leur influence dans les deux chambres du Parlement.
Sanae Takaichi avait déjà terminé deuxième lors des primaires de l’année précédente, qui avaient vu la victoire de Shigeru Ishiba. Elle était déjà perçue comme l’une des candidates les plus susceptibles de l’emporter cette fois-ci. « Ce qu’il faut maintenant, ce sont des politiques qui transforment nos angoisses concernant la vie et l’avenir en espoir », a déclaré la politicienne japonaise, selon des propos rapportés par l’agence de presse locale Kyodo, après l’annonce de sa victoire.
La nouvelle leader du PLD est largement considérée comme la « successeure » de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a dirigé le pays de 2012 à 2020. Lors de ces primaires, elle a bénéficié du soutien de l’aile la plus dure du parti au pouvoir. Sanae Takaichi s’est précédemment illustrée par ses positions critiques envers la Chine et son expansion militaire dans la région Asie-Pacifique. Elle figure également parmi les visiteuses régulières du sanctuaire Yasukuni, qui honore les soldats tombés au combat et les criminels de guerre condamnés. Ce lieu est un symbole controversé du passé militariste japonais et une source de tensions diplomatiques avec les pays voisins asiatiques.
Au sein de l’aile conservatrice du PLD, Sanae Takaichi s’est prononcée contre la révision d’une loi datant du XIXe siècle qui impose aux couples mariés de partager le même nom de famille. Cette réglementation conduit, dans la pratique, à ce que la majorité des femmes adoptent le nom de leur époux. Durant sa campagne, Mme Takaichi s’est cependant engagée à améliorer la parité hommes-femmes au sein de son cabinet, visant des niveaux comparables à ceux des pays nordiques. Il est à noter que le Japon se classe 118e sur 148 pays dans le rapport 2025 du Forum Économique Mondial sur l’écart entre les sexes, principalement en raison de la faible représentation féminine au sein du gouvernement.