La victoire surprise de Sanae Takaichi aux récentes élections japonaises pourrait bien redéfinir la politique économique du pays et avoir des répercussions significatives sur les marchés financiers mondiaux, notamment sur le carry trade du yen. La nouvelle Première ministre dispose désormais d’une majorité qualifiée au Parlement, lui permettant de mettre en œuvre une politique ambitieuse.
L’annonce des résultats électoraux a immédiatement provoqué une réaction des marchés, avec un bond de plus de 5 % de l’indice boursier japonais et une hausse des rendements obligataires. Les investisseurs anticipent que Sanae Takaichi tiendra ses promesses de campagne, notamment des mesures de relance budgétaire agressives, incluant des baisses de la taxe à la consommation.
Au-delà de ces mesures, la Première ministre a également promis des investissements stratégiques dans la technologie et les infrastructures, dans le but de renforcer la compétitivité internationale du Japon, de maîtriser l’inflation et d’augmenter les salaires. Si ces propositions sont globalement bien accueillies par le marché boursier, elles pourraient exercer une pression supplémentaire sur le marché obligataire et affaiblir le yen.
Des sources évoquent la possibilité que Sanae Takaichi envisage de vendre des actifs japonais pour financer ses projets de dépenses, évitant ainsi d’alourdir la dette sur le marché obligataire. Une telle stratégie pourrait atténuer les risques liés à la relance budgétaire.
L’influence du Premier ministre sur la Banque du Japon (BOJ) est considérablement plus importante que celle du président américain sur la Réserve fédérale (Fed). Sanae Takaichi pourrait donc inciter la BOJ à reprendre des mesures énergiques pour stabiliser à la fois le yen et les rendements obligataires, limitant ainsi l’impact des changements de politique budgétaire sur le carry trade du yen.
Par ailleurs, une rotation sectorielle est observée sur les marchés, avec un intérêt croissant pour les secteurs sensibles à la conjoncture économique, tels que l’industrie, les matériaux et les transports. Cependant, le secteur des services publics, bien que considéré comme équitablement valorisé, reste en attente d’une tendance claire des rendements obligataires pour confirmer sa performance.
Les analystes estiment que le secteur des services publics pourrait surperformer si les rendements obligataires affichent une tendance à la hausse. La récente stabilité des rendements obligataires pourrait être remise en question par la publication de nouvelles données économiques.