Publié le 27 octobre 2025, 14:50:00. Les cours du pétrole ont poursuivi leur ascension vendredi, portés par les craintes de perturbation de l’offre suite aux sanctions américaines contre les sociétés russes Lukoil et Rosneft. Cette nouvelle a incité plusieurs acheteurs asiatiques majeurs à revoir leurs importations de brut russe à la baisse.
- Les sanctions américaines contre Lukoil et Rosneft suscitent des inquiétudes sur l’approvisionnement mondial en pétrole.
- Les principaux acheteurs asiatiques, notamment en Chine et en Inde, réagissent en suspendant ou en réduisant leurs commandes de brut russe.
- Le marché du brut montre une volatilité, oscillant entre des plus bas et des records récents, dans l’attente d’évaluer l’impact concret de ces sanctions.
La tendance haussière sur les marchés pétroliers s’est confirmée vendredi, ajoutant aux gains des séances précédentes. L’annonce de sanctions américaines visant les géants russes Lukoil et Rosneft a immédiatement soulevé des interrogations quant à la stabilité de l’offre mondiale. En réaction, les principales compagnies pétrolières chinoises, dont Sinopec, auraient suspendu à court terme leurs achats de pétrole brut russe, représentant plus de 400 000 barils par jour (b/j) d’expéditions maritimes selon le cabinet Kpler. De leur côté, les raffineurs indiens devraient également réduire significativement leurs importations, bien que l’ampleur de cet impact sur les flux vers l’Inde reste encore à évaluer. L’effet sur les raffineurs chinois est jugé moins préoccupant étant donné la diversification de leurs sources d’approvisionnement et leurs stocks existants.
Sur le marché, le prix du baril de Brent a atteint un plus bas de 61,21 dollars pendant la nuit avant de rebondir et de dépasser son précédent sommet, s’établissant finalement à 65,94 dollars, en hausse de 5 cents. Le contrat WTI de décembre a quant à lui clôturé en territoire négatif à 61,50 dollars, enregistrant une légère baisse de 29 cents. Les marchés des produits dérivés ont terminé la séance dans le vert, le fioul de chauffage gagnant 1 point à 2,4031 dollars et le RB progressant de 42 points à 1,9227 dollar.
Sur le plan de l’analyse technique, le marché du brut semble naviguer dans une phase d’attentisme. Les préoccupations initiales d’une offre excédentaire ont laissé place à une appréhension sur une offre potentiellement insuffisante. La rencontre à venir entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, dans le cadre des tensions commerciales, sera également un point de vigilance majeur pour les acteurs du marché.
Dans ce contexte, plusieurs développements font écho à ces tensions. Reliance Industries, qui dispose d’un accord à long terme pour l’achat de 500 000 b/j de brut auprès de Rosneft, a déclaré qu’elle respecterait les sanctions occidentales tout en maintenant ses relations avec ses fournisseurs actuels. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a indiqué que la Russie analysait les sanctions et agirait dans son propre intérêt.
Par ailleurs, des indicateurs du marché américain montrent une reprise de l’activité. Les sociétés énergétiques américaines ont augmenté le nombre de leurs plateformes de forage pétrolier et gazier pour la deuxième semaine consécutive, atteignant 550 unités au 24 octobre, un plus haut depuis juin. Le nombre de plateformes dédiées au pétrole a grimpé à 420, tandis que celui des plateformes gazieres est resté stable à 121.
Côté raffinage, Marathon Petroleum prévoit de redémarrer deux unités clés dans sa raffinerie de Galveston Bay, au Texas, suite à un dysfonctionnement survenu le 16 octobre. Les réparations sur une autre unité endommagée par un incendie sont attendues mi-novembre. La raffinerie BP de Whiting, dans l’Indiana, a également repris ses activités après une panne de courant externe qui avait nécessité une évacuation temporaire. L’usine était en cours de redémarrage d’une unité suite à un précédent incendie.