Publié le 2025-11-07 20:05:00. Donald Trump a exprimé des préoccupations quant aux difficultés rencontrées par la Hongrie pour s’approvisionner en pétrole et en gaz, soulignant que les sanctions contre la Russie plaçaient le pays dans une « situation impossible ». Viktor Orban cherche à obtenir des dérogations, qualifiant cette démarche de « vitale » pour son pays.
- Donald Trump a soulevé la question de l’accès de la Hongrie aux ressources énergétiques russes, pointant du doigt la géographie du pays.
- Viktor Orban a plaidé pour des exceptions aux sanctions américaines, estimant que la Hongrie, dépourvue d’accès à la mer, se trouve dans une position intenable.
- La rencontre entre les deux dirigeants, bien que sans engagement ferme, pourrait servir les intérêts politiques nationaux d’Orban en Hongrie.
Donald Trump a, selon des propos rapportés, mis en avant la difficulté pour la Hongrie, et par extension pour des pays comme l’Inde et la Chine, d’obtenir du pétrole et du gaz d’autres sources, notamment en raison de son absence d’accès à la mer. Cette déclaration survient alors que Washington, par la voix de Trump, avait déjà imposé des sanctions contre les compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft, invoquant le refus de Vladimir Poutine de cesser son offensive en Ukraine. Ces mesures pourraient entraîner des sanctions secondaires pour les pays continuant d’importer du pétrole russe.
L’Inde aurait d’ailleurs déjà fait les frais de tarifs douaniers punitifs pour ses importations d’or noir russe. La Hongrie, contrairement à une grande partie de l’Europe, n’a pas cherché à diversifier ses sources d’approvisionnement, maintenant une forte dépendance vis-à-vis de la Russie. Viktor Orban a souligné l’importance cruciale d’obtenir des exemptions, qualifiant cette démarche de « vitale » pour son pays. Il a annoncé des propositions concrètes pour l’application de ces règles d’exception.
Pour Donald Trump, la question d’une exception hongroise représenterait un test de sa volonté d’adopter une ligne plus dure envers la Russie. Il est à noter que Trump avait précédemment exhorté l’ensemble de l’Europe à rompre ses liens énergétiques avec Moscou, une source de revenus essentielle pour financer la guerre en Ukraine. La pression pour une indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie s’est intensifiée ces derniers temps, tant de la part de Bruxelles que de Washington. Vendredi, Trump avait déjà pointé du doigt d’autres pays de l’Union européenne, dotés d’un accès maritime, pour leur maintien des achats d’énergie russe, une accusation démentie par Bruxelles. Il convient de rappeler que l’Union européenne a mis en place une interdiction quasi totale des importations de pétrole russe après le début de la guerre en Ukraine. Selon la Commission européenne, la part des importations européennes de pétrole russe est passée de 29 % au premier trimestre 2021 à seulement 2 % au deuxième trimestre 2025. Seules la Hongrie et la Slovaquie bénéficient actuellement de dérogations au sein de l’UE.
Viktor Orban a toujours justifié l’achat de pétrole russe par un manque d’alternatives viables et le risque d’un effondrement économique imminent pour la Hongrie. Cependant, il existerait une connexion via le pipeline de l’Adriatique, potentiellement capable d’acheminer du pétrole brut non russe vers la Hongrie. La compagnie pétrolière hongroise MOL a d’ailleurs mis en service ce pipeline peu avant la rencontre Orban-Trump, marquant un possible infléchissement de sa position initiale concernant son approvisionnement. Le dernier rapport financier de MOL indique que la société pourrait augmenter l’utilisation du pipeline adriatique, couvrant ainsi environ 80 % des besoins de ses raffineries. Néanmoins, cette option présenterait des risques techniques et des surcoûts logistiques, selon le portail en ligne hvg.hu.
Les conseillers de Viktor Orban auraient également un autre objectif avec cette visite à Washington, selon le journal *The Guardian*. Une éventuelle visite de Donald Trump en Hongrie, avant les élections parlementaires prévues en avril, qui s’annoncent difficiles pour le parti au pouvoir, pourrait renforcer le statut d’homme d’État du Premier ministre hongrois. Zsuzsanna Vegh, analyste politique au German Marshall Fund, a qualifié une telle visite de « grande faveur politique ». La simple rencontre entre Orban et Trump à Washington, indépendamment de ses résultats concrets, serait présentée comme un succès majeur en Hongrie, permettant à Orban de se projeter comme une figure respectée sur la scène internationale. La campagne de son parti, le FIDESZ, capitalise d’ailleurs sur l’influence internationale de son leader pour détourner l’attention des échecs politiques intérieurs.
Donald Trump n’a pas explicitement promis de se rendre prochainement à Budapest. Toutefois, il a assuré à Viktor Orban qu’il serait « heureux » d’accueillir une éventuelle rencontre avec Vladimir Poutine à Budapest, une proposition qui avait déjà été envisagée il y a quelques semaines avant d’être annulée. L’intransigeance de Poutine concernant l’Ukraine a conduit à l’abandon de ce projet de pourparlers directs. Trump a néanmoins indiqué qu’il souhaitait discuter avec Orban de ses efforts pour parvenir à un cessez-le-feu dans le conflit ukrainien, ajoutant que le Premier ministre hongrois « comprend Poutine et le connaît très bien ».