Publié le 7 novembre 2025. La nouvelle publicité de Noël de Coca-Cola, réalisée en grande partie par intelligence artificielle, suscite un vif débat mondial entre admiration technologique et inquiétude quant à l’avenir du travail créatif.
- La campagne de Noël 2025 de Coca-Cola, fortement basée sur l’IA, divise l’opinion publique.
- Les critiques dénoncent une « aberration visuelle » et craignent une déshumanisation de la création publicitaire.
- Coca-Cola défend son approche comme une évolution stratégique et une amélioration par rapport aux années précédentes.
Chaque année, Coca-Cola est attendu au tournant pour ses campagnes de Noël, souvent synonymes d’émotion et de tradition. Cependant, la publicité diffusée pour les fêtes de fin d’année 2025 a marqué une rupture, déclenchant une controverse internationale. Le choix de recourir massivement à l’intelligence artificielle pour sa création visuelle a en effet suscité de vives réactions.
Contrairement aux scènes familiales chaleureuses habituelles, le spot publicitaire de cette année met en scène des animaux anthropomorphisés observant le passage des célèbres camions illuminés de la marque, le tout dans un paysage synthétique. La seule figure humaine présente, le Père Noël, a également été générée par IA. Ce parti pris esthétique, développé en collaboration avec les sociétés Silverside et Secret Level, s’éloigne délibérément de la représentation humaine traditionnelle.
Pour Coca-Cola, il s’agit d’une nouvelle étape dans une stratégie d’innovation déjà initiée en 2024 avec un premier film publicitaire entièrement généré par IA. L’entreprise réaffirme son engagement à explorer les technologies émergentes pour renouveler ses contenus. Comme l’a souligné Pratik Thakar, vice-président mondial et responsable de l’IA générative chez Coca-Cola, cette campagne « démontre une fois de plus notre chemin vers l’adoption de technologies émergentes pour repenser la façon dont nous créons et faisons évoluer le contenu ».
Toutefois, le résultat visuel n’a pas rencontré l’approbation de tous. Des experts technologiques et des internautes ont qualifié la publicité d' »aberration visuelle ». Sur les réseaux sociaux, les commentaires déplorent une perte de « l’âme » et de l’émotion authentique. L’un des commentaires les plus partagés exprime cette déception : « Souvenez-vous quand ils payaient les animateurs avec cœur. Maintenant, ils paient une IA sans âme. »
Au-delà des considérations esthétiques, le débat porte sur l’impact de ces avancées technologiques sur l’emploi dans le secteur de la publicité. Les détracteurs craignent une remise en cause des métiers créatifs et artistiques, traditionnellement considérés comme irremplaçables. Bien que Pratik Thakar admette des critiques techniques sur la version précédente, il assure que le spot de 2025 est « 10 fois mieux » et défend une approche pragmatique où la validation finale revient aux consommateurs. Il nuance toutefois cette vision technologique en affirmant que « l’intelligence artificielle est là pour améliorer le travail humain, quand cela a du sens », et non pour le remplacer intégralement.