Publié le 21 octobre 2025 11:23:00. Une nouvelle ère s’ouvre dans la lutte contre l’obésité en Argentine avec l’arrivée du sémaglutide, un médicament révolutionnaire qui promet une perte de poids significative et durable. Le Dr Jorge Tartaglione, cardiologue, a présenté cette semaine cette avancée médicale, qualifiée de « tournant décisif ».
- Le sémaglutide, surnommé « Ozempic argentin », permet une sensation de satiété accrue pour un apport calorique réduit.
- Ce traitement, déjà comparé à l’introduction de l’insuline pour les diabétiques, offre une nouvelle perspective aux patients souffrant d’obésité.
- Il représente une option thérapeutique inédite pour les patients cardiaques, y compris ceux sans diabète.
Le Dr Jorge Tartaglione a expliqué lors d’une présentation que ce nouveau médicament, basé sur la substance active sémaglutide, « permet d’obtenir une plus grande satiété avec un apport calorique plus faible, réalisant ainsi une perte de poids soutenue et sûre ». Selon le spécialiste, cette découverte « marque un avant et un après dans l’approche médicale de l’obésité ».
Pour illustrer le mécanisme d’action du sémaglutide, le Dr Tartaglione a eu recours à une métaphore parlante. « Avez-vous vu quand vous pensez manger ce chocolat que vous avez conservé ? C’est ce qu’on appelle le ‘bruit alimentaire’. Et ce que fait le sémaglutide, c’est libérer une hormone qui, pendant que vous mangez ce chocolat, dit au cerveau et à l’estomac : ‘arrête, j’ai assez mangé’, neutralisant ainsi l’appétit et procurant la satiété », a-t-il précisé.
Cette hormone, naturellement présente dans le corps humain, n’agit normalement que pendant une courte période. L’industrie pharmaceutique a toutefois réussi, grâce à cette nouvelle formule, à prolonger son effet. Il en résulte une diminution de l’apport calorique et une perte de poids accrue.
Un outil d’une importance capitale
Le cardiologue n’a pas hésité à souligner l’ampleur de cette avancée, la comparant à l’un des plus grands bouleversements médicaux : « Cet événement est pour les personnes obèses ce qu’était l’apparition de l’insuline pour les diabétiques : tout d’un coup, ils ont desserré le frein à main et ont retrouvé le chemin du retour. »
Il a également précisé que le sémaglutide s’adresse aux personnes dont l’indice de masse corporelle (IMC) dépasse 30, ou celles dont l’IMC est supérieur à 27 mais qui présentent des facteurs de risque tels que l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle ou le diabète. Le Dr Tartaglione a fermement recommandé une consultation médicale préalable, insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un automédicament.
Précautions et modalités d’accès
Le Dr Tartaglione a mis en garde contre les dangers de l’acquisition du médicament de manière illégale. Il a par ailleurs mentionné qu’à l’heure actuelle, le traitement n’est pas encore couvert par les principaux réseaux de prévoyance santé. « Il dispose d’une technologie incroyable et n’est appliqué qu’une fois par semaine. Tout au plus, cela peut provoquer un peu de nausée, mais les contre-indications sont minimes », a-t-il indiqué.
L’expert a également tenu à rappeler que ce traitement ne saurait remplacer des habitudes de vie saines. « C’est utile, mais il faut aussi cesser d’encourager la consommation d’aliments à haute valeur calorique », a-t-il souligné.
Une avancée pour les patients cardiaques
L’un des aspects les plus notables, selon le cardiologue, est la possibilité d’utiliser le sémaglutide chez les patients souffrant de maladies cardiaques, une première dans le domaine de la médecine moderne. « C’est la première fois qu’un médicament pour le traitement de l’obésité peut être utilisé chez des patients ayant des antécédents de crise cardiaque, de pose de stent ou de pontage coronarien, même en l’absence de diabète », a-t-il détaillé.
Concernant les résultats cliniques observés, le Dr Tartaglione a affirmé que le traitement entraînait une perte de poids d’environ 20 % et réduisait significativement le risque d’infarctus cardiovasculaire. Des recherches préliminaires suggèrent même son application potentielle dans le traitement de certaines formes de démence.
« Les statines et l’insuline ont été révolutionnaires, le sémaglutide l’est tout autant », a conclu le spécialiste, manifestement enthousiasmé par l’arrivée de cette avancée thérapeutique en Argentine.