Publié le 25 février 2026 03:58:00. L’émission de divertissement de Ramez Galal continue de susciter la controverse en Égypte, non pas tant par son absurdité que par la banalisation de l’insulte et de la dégradation qu’elle promeut, selon des critiques de plus en plus virulentes.
La polémique autour des émissions de Ramez Galal ne porte plus seulement sur le manque de goût ou l’incohérence du contenu, mais sur une escalade de la cruauté qui inquiète les observateurs. L’animateur égyptien est accusé de franchir des limites éthiques, transformant le divertissement en un spectacle de déshumanisation.
Selon des analystes, le succès continu de l’émission repose sur une spirale infernale : pour maintenir l’attention d’un public désabusé, les créateurs sont contraints d’intensifier le ridicule, jusqu’à atteindre des niveaux de brutalité inacceptables. Ce cocktail de médiocrité et de déshumanisation, destiné à provoquer le rire, s’adresse à un public déjà saturé de médias sensationnalistes.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle normalise l’insulte et la résistance à celle-ci. Les participants, conscients du risque de se voir humiliés, acceptent de se soumettre à ces épreuves en échange d’une visibilité médiatique, créant ainsi un cercle vicieux. Comme le souligne un commentateur, l’invité se présente à l’émission en sachant qu’il pourrait subir des « coups sur la nuque », mais il y va quand même.
La critique ne se limite pas aux intellectuels qui dénoncent le spectacle sur Internet. Les victimes potentielles, comme l’actrice Asmaa Galal, ont engagé des poursuites judiciaires après avoir été la cible de remarques offensantes et de moqueries personnelles lors de son apparition dans l’émission « Ramez Level El Wahsh ». Elle estime que l’introduction de son segment contenait un langage offensant et des remarques inappropriées qui ont violé sa dignité.
Malgré les critiques et les actions en justice, l’avenir de l’émission semble assuré. Certains suggèrent qu’une chaîne de télévision indépendante, à l’image de MBC Egypt, pourrait être la seule solution pour mettre fin à cette « farce », mais pour l’instant, le spectacle continue.
L’affaire rappelle également d’autres tentatives infructueuses de suspendre l’émission, comme la plainte déposée en 2020 par l’ancien président de Zamalek, Mortada Mansour.