Les marchés financiers se préparent à une semaine riche en publications économiques majeures, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Chine, tandis que l’incertitude politique au Japon pourrait influencer la trajectoire du yen. La nomination surprise de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed) a déjà provoqué des remous, et les prochains indicateurs économiques seront scrutés à la loupe pour anticiper l’évolution de la politique monétaire.
La publication, mercredi et vendredi, des chiffres de l’emploi non agricole (NFP) et de l’indice des prix à la consommation (IPC) américains de janvier sera particulièrement déterminante. Les économistes prévoient une accélération de la création d’emplois, passant de 50 000 à 68 000, avec un taux de chômage stable à 4,4 %. Cependant, des divergences entre les données du secteur privé (une création de 22 000 emplois selon l’ADP) et les prévisions initiales pourraient signaler un ralentissement de la croissance de l’emploi et renforcer les anticipations de deux baisses de taux d’intérêt par la Fed au cours de l’année.
Un rapport sur l’IPC qui révélerait une persistance de l’inflation, avec un taux inchangé à 2,7 % en décembre (supérieur à l’objectif de 2 % de la Fed), pourrait inverser cette tendance et soutenir le dollar américain. À l’inverse, des données décevantes sur l’emploi pourraient exercer une pression à la vente sur la devise américaine.
Parallèlement, l’attention se portera sur les élections législatives anticipées de dimanche au Japon. La Première ministre Takaichi a convoqué ces élections dans l’espoir de consolider sa position et de mettre en œuvre ses politiques budgétaires. Les sondages récents montrent un léger recul de sa popularité, mais elle conserve un soutien significatif. Une victoire de Takaichi pourrait entraîner une nouvelle faiblesse du yen, en raison des anticipations de dépenses publiques importantes et d’une politique monétaire moins restrictive de la Banque du Japon (BoJ). Cependant, un retour du dollar/yen vers la zone des 160,00 pourrait inciter les autorités japonaises à intervenir pour stabiliser la monnaie.
Si la coalition de Takaichi ne parvient pas à obtenir la majorité, le yen pourrait se renforcer, les investisseurs anticipant une politique budgétaire plus prudente et une attitude plus ferme de la BoJ en matière de taux d’intérêt. L’incertitude politique pourrait également peser sur le marché boursier japonais et favoriser un afflux de capitaux vers le yen, considéré comme une valeur refuge.
Au Royaume-Uni, la première estimation du produit intérieur brut (PIB) du quatrième trimestre, ainsi que les chiffres mensuels du PIB de décembre et les données sur la production industrielle et manufacturière, seront publiés. La Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu ses taux d’intérêt inchangés à 3,75 %, mais le vote a été serré, avec quatre membres votant en faveur d’une baisse des taux. Les marchés anticipent désormais une probabilité de près de 50 % d’une baisse des taux lors de la prochaine réunion de la BoE le 19 mars, et s’attendent à deux baisses de taux d’ici la fin de l’année.
Enfin, les données de l’IPC et de l’indice des prix à la production (IPP) chinois de janvier seront également scrutées. La Chine a enregistré une croissance de 5,0 % en 2025, mais la faiblesse de la demande intérieure persiste, avec une croissance de seulement 3,7 % et une baisse de 17,2 % de l’investissement immobilier. Des chiffres déflationnistes pourraient susciter des inquiétudes quant à la rentabilité des entreprises chinoises et peser sur le dollar australien, bien que la politique monétaire plus restrictive de la Banque de réserve d’Australie (RBA) puisse limiter ce recul.
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a souligné que l’économie de la zone euro se porte bien, mais a averti qu’un euro plus fort pourrait freiner la croissance et ramener l’inflation au-delà des objectifs fixés. Les données préliminaires du PIB du quatrième trimestre, qui seront publiées vendredi, pourraient confirmer ces craintes.