Publié le 25 février 2026 à 10h30. Lors de son discours sur l’état de l’Union, le président américain Donald Trump a défendu son bilan et esquissé les contours de sa campagne pour les élections de mi-mandat, malgré un contexte de sondages défavorables et de mécontentement croissant des électeurs.
- Le discours, d’une durée record de 1 heure et 47 minutes, a été marqué par des attaques répétées contre les démocrates.
- Donald Trump a mis en avant les succès économiques et les réalisations de son administration, tout en minimisant les difficultés rencontrées par de nombreux Américains.
- Un incident impliquant le secrétaire d’État Marco Rubio et des échanges de messages WhatsApp a attiré l’attention pendant le discours.
Le président Trump a prononcé son discours devant une session conjointe du Congrès, cherchant à redorer son image après un début de second mandat marqué par une série de décrets et d’actions militaires controversées. En juillet dernier, il avait célébré la signature du « One Big Beautiful Bill Act », une loi budgétaire massive, et quelques jours auparavant, des bombardiers B-2 avaient frappé l’Iran dans le cadre de l’opération « Midnight Hammer », présentée par la Maison Blanche comme une destruction des infrastructures nucléaires iraniennes.
Le discours sur l’état de l’Union, prononcé dans un contexte de ralentissement économique et de fragilité politique pour Trump, visait à contrer les sondages négatifs et à mobiliser son électorat en vue des élections législatives de novembre. Le président a insisté sur le fait qu’il avait supervisé un « revirement historique » au cours de sa première année de retour au pouvoir, mais n’a présenté que peu de nouvelles politiques.
Tout au long de la soirée, Trump a nargué les élus démocrates et a tenté de les présenter comme anti-américains. Il a notamment invité les législateurs à se lever s’ils étaient d’accord avec sa déclaration selon laquelle « le premier devoir du gouvernement américain est de protéger les citoyens américains, pas les étrangers en situation irrégulière ». Face au refus des démocrates, il les a accusés de honte.
Le ton du président a fluctué entre des descriptions enthousiastes des succès du pays, comme les médailles d’or remportées aux Jeux olympiques, et des récits poignants et graphiques sur les conflits à l’étranger et la criminalité aux États-Unis. Il a également profité de l’occasion pour saluer l’équipe masculine américaine de hockey sur glace, championne olympique, et a annoncé qu’il décernerait au gardien de l’équipe la médaille présidentielle de la liberté.
Un moment particulier a attiré l’attention : le photographe a capturé le secrétaire d’État Marco Rubio en train de consulter des messages WhatsApp sur son téléphone pendant le discours. Il s’est avéré qu’il lisait des messages de Richard Grenell, président du John F. Kennedy Center for the Performing Arts et envoyé spécial de Trump au Venezuela. Les deux hommes avaient souvent été en désaccord sur la politique vénézuélienne au cours de l’année 2025, notamment sur les questions d’échanges de prisonniers et de négociations de paix. Un message de Grenell, capturé par le photographe, faisait référence à une interaction entre Trump et Rubio, où le président avait fait l’éloge du secrétaire d’État, déclarant :
« Vous avez fait un excellent travail. Grand secrétaire d’État. Je pense qu’il sera considéré comme le meilleur de tous les temps. »
Donald Trump, président des États-Unis
Trump a également dénoncé ce qu’il a décrit comme une fraude généralisée dans les programmes gouvernementaux et a suggéré que des membres du Congrès profitaient de leur position pour réaliser des opérations d’initiés sur les actions. Il n’a cependant pas fait mention des problèmes éthiques impliquant sa propre famille ou du fait qu’il a été reconnu responsable dans une affaire de fraude civile.
Le président a abordé la question de l’Iran, mais de manière succincte, après environ 90 minutes de discours. Il a affirmé que l’Iran souhaitait conclure un accord avec les États-Unis et qu’il préférait résoudre les tensions par la diplomatie, tout en soulignant qu’il attendait d’entendre l’Iran prononcer les mots :
« nous n’aurons jamais d’arme nucléaire. »
Des négociations entre des responsables américains, dont Steve Witkoff et Jared Kushner, et l’Iran étaient prévues le lendemain à Genève.
Les juges de la Cour suprême présents, dont le juge en chef John Roberts, Elena Kagan, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett, sont restés impassibles tout au long du discours, même lorsque Trump a critiqué une décision de la Cour qui avait bloqué son programme de droits de douane.
Cet article a été initialement publié dans Le New York Times.