Publié le 15 février 2026. Des experts prévoient une possible lutte de pouvoir en Corée du Nord entre Kim Joo-ae, désignée comme successeur de son père Kim Jong-un, et sa tante, Kim Yo-jong, une figure influente au sein du régime.
- Kim Joo-ae, la fille de Kim Jong-un, est pressentie pour lui succéder.
- Kim Yo-jong, vice-ministre du Parti des travailleurs de Corée, pourrait contester cette succession.
- L’histoire de purges violentes au sein de la direction nord-coréenne alimente les craintes d’un conflit interne.
Alors que le régime nord-coréen semble préparer la succession de Kim Jong-un en désignant sa fille, Kim Joo-ae, comme son héritière potentielle, des observateurs s’interrogent sur la réaction de Kim Yo-jong, sa tante et une figure politique de premier plan. Ra Jong-il, ancien directeur adjoint du Service national de renseignement sud-coréen et ancien ambassadeur au Japon et au Royaume-Uni, estime que Kim Yo-jong pourrait bien contester la succession de sa nièce si elle juge le moment opportun.
Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Telegraph, Ra Jong-il a déclaré :
« Kim Joo-ae pourrait se heurter à l’opposition de son ambitieuse et impitoyable tante Kim Yo-jong. »
Ra Jong-il, professeur à l’université de Dongguk et ancien directeur adjoint du National Intelligence Service
Il a ajouté que Kim Yo-jong n’hésiterait pas à saisir une opportunité de prendre le pouvoir, soulignant l’absence de scrupules politiques de sa part.
Kim Yo-jong dispose d’une base politique bien plus solide que Kim Joo-ae, âgée de 13 ans. Elle assiste son frère depuis 2015 en tant que chef adjoint du parti et a été, jusqu’à récemment, la porte-parole la plus virulente du régime contre Séoul. The Telegraph la décrit comme « la deuxième figure la plus puissante de Corée du Nord, bénéficiant d’un soutien politique et militaire important au sein du Parti des travailleurs de Corée ».
Le contexte politique nord-coréen, marqué par des purges sanglantes et des luttes de pouvoir internes, renforce les inquiétudes quant à une éventuelle confrontation. Le journal britannique rappelle l’assassinat du demi-frère de Kim Jong-un, Kim Jong-nam, à Kuala Lumpur en Malaisie en 2017, ainsi que l’exécution de l’oncle de Kim Jong-un, Jang Song-thaek, en 2013.
Ra Jong-il souligne :
« Le fait que (la famille de Kim Jong-un) soit une famille qui n’a pas hésité à assassiner des rivaux politiques est un mauvais signe pour Kim Joo-ae. »
Ra Jong-il, professeur à l’université de Dongguk et ancien directeur adjoint du National Intelligence Service
Le Service national de renseignement sud-coréen a récemment confirmé que Kim Joo-ae est en phase de préparation pour sa succession, soulignant l’importance croissante de son statut protocolaire depuis la fin de l’année dernière. Le représentant Park Seon-won, du Parti démocratique de Corée, a déclaré que le service de renseignement estime que la Corée du Nord met en place progressivement une structure de succession.
Cheon Ho-seong rieux@hani.co.kr