Publié le 2025-10-08 13:34:00. Le député Asaduddin Owaisi a vivement critiqué le Premier ministre Narendra Modi et son gouvernement, dénonçant une possible complaisance face à la tentative d’agression envers le juge en chef de l’Inde, BR Gavai. Il suggère que la nationalité ou la religion de l’assaillant présumé, Rakesh Kishore, pourrait influencer la réaction des autorités.
- Owaisi estime que l’identité de l’agresseur présumé, Rakesh Kishore, influence la réponse judiciaire et policière.
- Il accuse le gouvernement Modi d’avoir « injecté du poison » dans les esprits de tels individus.
- Le député compare la réaction à cet incident à celle face aux manifestations musulmanes à Bareilly.
S’exprimant lors d’un événement, le chef de l’AIMIM (All India Majlis-e-Ittehadul Muslimeen) a pointé du doigt la potentielle partialité de la réaction face à l’incident impliquant l’avocat Rakesh Kishore. Selon Owaisi, si l’individu n’avait pas porté un nom hindou, les autorités et les membres du parti au pouvoir (BJP) auraient réagi avec une vigueur décuplée, évoquant des accusations d’espionnage ou d’origine étrangère.
« Si son nom n’était pas Rakesh Kishore, et si c’était Asad, que ferait la police ? Les gens du BJP diraient : ‘Allez le chercher !’, ‘il vient d’un pays voisin’, ‘(l’agence d’espionnage pakistanaise) ISI !’ – ils ouvriraient tous les fronts contre cette personne ».
Asaduddin Owaisi, député d’Hyderabad
Owaisi a fait le parallèle avec la répression policière subie par des musulmans protestant contre le retrait d’une banderole « I Love Muhammad » à Bareilly, une ville également mentionnée par Rakesh Kishore dans ses griefs contre le juge en chef, critiquant notamment l’arrêt du juge concernant la « justice du bulldozer » du Chief Minister Yogi Adityanath.
L’avocat Rakesh Kishore aurait justifié son geste par un sentiment d’offense face à une remarque du juge en chef lors d’une audience concernant une idole du dieu hindou Vishnu. Le juge BR Gavai avait pourtant précisé ne pas avoir eu d’intention irrespectueuse lors de son observation orale. Owaisi a rappelé que Rakesh Kishore avait scandé « Sanatan ka apmaan, nahin sahega Hindustan » (L’Inde ne tolérera pas d’insulte au Sanatan Dharma).
Le député a directement interpellé le Premier ministre Modi, affirmant que son gouvernement et sa politique étaient responsables de l’exacerbation de tels sentiments. « Ce sont des gens que votre gouvernement a habilités », a-t-il déclaré, accusant le gouvernement Modi et le BJP d’avoir « injecté du poison dans le cœur de ces personnes ».
Malgré le fait que le juge en chef n’ait pas souhaité porter plainte, Owaisi a insisté sur le fait que le Premier ministre Modi aurait dû aller au-delà d’une simple condamnation verbale et engager des poursuites judiciaires. Il a également comparé l’absence d’action plus ferme contre Kishore à l’application de l’UAPA (Loi sur les activités illégales [prévention]) contre les deux jeunes hommes qui avaient fait irruption au Parlement en 2023, libérant de la fumée et protestant contre le chômage.
Owaisi a souligné le statut de BR Gavai, deuxième juge en chef d’origine dalit et premier de confession bouddhiste. « Je veux transmettre un message à nos frères Dalits, à ceux qui suivent l’idéologie ambedkarite ; à ceux qui croient en Baba Saheb Ambedkar et en la Constitution », a-t-il ajouté, s’exprimant dans le Bihar.
Le député a également affirmé une discrimination envers les musulmans, arguant qu’ils n’avaient pas eu recours à la violence malgré des décisions judiciaires jugées défavorables, comme celles concernant le temple Ram Mandir et la mosquée Babri, ou la criminalisation du triple talaq. « Mais ceux qui croient en la Constitution ont dit : ‘nous ne sommes pas satisfaits de la décision du tribunal’. Mais avons-nous levé le pied à quelqu’un en prenant le nom d’une religion ? »
La tentative d’agression envers le juge en chef avait été condamnée par le Premier ministre Modi, qui avait déclaré que cet acte « a mis en colère tous les Indiens ».
Pour plus de détails sur les poursuites judiciaires :
Outrage criminel recherché contre l’avocat Rakesh Kishore dans le cadre d’un incident de lancer de chaussures au CJI
Les motivations de l’agresseur présumé :
Du « bulldozer de Yogi » aux « Dalits, comment ? » : l’avocat Rakesh Kishore qui a tenté de frapper le juge en chef énumère les problèmes
Informations sur les violences à Bareilly :
Violences à Bareilly : la répression contre les propriétés liées aux associés du religieux se poursuit
Réaction du Premier ministre Modi :
« A mis en colère tous les Indiens » : le Premier ministre Modi s’adresse au CJI et condamne l’attaque contre lui suite à la remarque d’une idole hindoue