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Six raisons pour lesquelles Trump devrait choisir l’option militaire en Iran

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Publié le 15 février 2026 à 22h12. Alors que les négociations diplomatiques avec l’Iran semblent au point mort, l’administration Trump évalue de plus en plus sérieusement une intervention militaire, face à un régime jugé vulnérable mais inflexible sur les questions nucléaires et régionales.

  • Les discussions, menées sous l’égide d’Oman, peinent à aboutir en raison des exigences américaines sur le programme de missiles balistiques et le soutien aux groupes armés régionaux.
  • Deux options militaires sont envisagées : une frappe limitée contre les Gardiens de la révolution et les milices, ou une campagne plus large visant un changement de régime.
  • Plusieurs arguments stratégiques plaident en faveur d’une action militaire décisive, notamment un contexte régional favorable et la nécessité de contrer les ambitions nucléaires iraniennes.

La possibilité d’une escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran reste suspendue, malgré l’ouverture de pourparlers entre les deux pays, sous l’égide d’Oman. Le président américain, Donald Trump, a exprimé son optimisme, estimant qu’une résolution pourrait être atteinte dans le mois à venir. Cependant, les divergences fondamentales entre Washington et Téhéran rendent une avancée significative improbable sans des concessions majeures, notamment sur des sujets que l’Iran considère comme non négociables : son programme de missiles balistiques et son soutien aux forces paramilitaires dans la région.

Face à cette impasse diplomatique, l’administration Trump se tourne de plus en plus vers des options militaires. Des signes concrets de préparation sont observés, avec le déploiement de forces militaires supplémentaires au Moyen-Orient. Deux scénarios principaux sont à l’étude, selon des sources proches de l’administration.

Le premier consiste en une frappe ciblée et limitée contre les Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran) et les milices affiliées, notamment le Bassidj. L’objectif serait de faire respecter la « ligne rouge » de Trump concernant la répression des manifestants et de forcer l’Iran à reprendre les négociations dans une position affaiblie. Toutefois, une telle action pourrait avoir un effet limité sur les calculs du régime iranien, qui a déjà prévenu qu’il riposterait en cas d’attaque.

La seconde option, plus ambitieuse, serait une campagne militaire à grande échelle visant à obtenir des changements fondamentaux dans la politique iranienne, tels que des limitations strictes de son programme de missiles et de ses activités par procuration, voire un changement de régime. Pour réussir, cette opération nécessiterait une menace crédible pour la survie du régime actuel, impliquant une campagne militaire soutenue et coordonnée avec les alliés régionaux. L’Iran devrait alors choisir entre «boire le calice du poison » pour survivre ou risquer un conflit existentiel.

Un changement de régime comporte des risques importants, notamment celui d’une fragmentation interne et d’une guerre civile. Néanmoins, certains experts estiment que les avantages d’une transformation profonde, voire de l’élimination, de la République islamique pourraient l’emporter sur ces risques, si l’alternative est un Iran renforcé et déterminé à poursuivre son programme nucléaire.

Plusieurs arguments stratégiques sont avancés pour justifier une intervention militaire décisive :

  1. Un moment opportun pour remodeler le Moyen-Orient : L’Iran traverse une période de faiblesse historique, marquée par les récentes manifestations, la guerre de douze jours avec Israël en juin et la dégradation de son réseau terroriste. Sa doctrine de défense, basée sur un programme nucléaire, une puissance conventionnelle et un réseau régional, n’a pas réussi à dissuader Israël et les États-Unis, révélant ainsi ses limites.
  2. Un impératif moral : Les pourparlers actuels se concentrent sur la question nucléaire, négligeant la répression brutale des manifestants, qui a exacerbé les tensions. Les estimations du nombre de victimes varient considérablement, allant de plus de 6 000 à plus de 30 000 personnes, selon certaines sources, alors que les chiffres officiels font état de « seulement » 3 117 morts. La promesse de Trump de « sauver » le peuple iranien ne devrait pas rester lettre morte.
  3. Le risque d’une perte de crédibilité : Renoncer à la force militaire pourrait être perçu comme un signe de faiblesse, comparable à la décision du président Obama de ne pas réagir militairement après l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien en 2013 en Syrie.
  4. Les enjeux économiques pour les États-Unis et la Chine : Un changement de régime en Iran pourrait permettre la réintégration de ses importantes réserves d’énergie (le deuxième plus grand gisement de gaz et le troisième de pétrole au monde) sur les marchés occidentaux. Cela s’inscrit dans la stratégie de l’administration Trump d’accroître l’accès des États-Unis aux ressources énergétiques. De plus, un changement de régime pourrait perturber la sécurité énergétique de la Chine, qui dépend de l’Iran et du Venezuela pour environ 30 % de ses importations de pétrole.
  5. L’enjeu de la stabilité à long terme : Les problèmes internes de l’Iran, tels que l’hyperinflation, la pénurie d’eau et la corruption, suggèrent que le régime est en déclin. Attendre passivement son effondrement n’est pas une stratégie viable pour les États-Unis. Une intervention militaire pourrait permettre de gérer activement la situation et de garantir un environnement post-régime favorable.
  6. La menace nucléaire persistante : Les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes en juin ont seulement retardé les progrès du pays de quelques mois. L’Iran a réaffirmé son intention de poursuivre son programme nucléaire et de renforcer la protection de ses installations souterraines. Le manque de surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique pourrait permettre à Téhéran d’utiliser l’enrichissement à des fins diplomatiques ou militaires. Trump a constamment affirmé qu’il ne permettrait pas à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Poursuivre les négociations dans l’état actuel des choses risquerait de fournir au régime une bouée de sauvetage politique et économique. L’écart profond entre les positions de Washington et de Téhéran justifie le recours à la force pour restaurer la crédibilité des États-Unis et contraindre l’Iran à des changements substantiels, sous peine de mettre en péril sa survie. Dans ce contexte, une opération militaire décisive menée par une coalition dirigée par les États-Unis pourrait offrir une solution stratégique plus durable qu’un processus diplomatique prolongé, susceptible de déboucher sur un accord défavorable et un Iran renforcé.

Michel Rozenblat est chercheur invité au sein des programmes Moyen-Orient de l’Atlantic Council, issu de l’establishment de la sécurité israélienne. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’autres entités.

Image : Deux membres en uniforme des forces paramilitaires iraniennes du Basij tiennent des portraits du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une cérémonie marquant le 47e anniversaire de la victoire de la révolution islamique iranienne au sanctuaire de l’ayatollah Ruhollah Khomeini dans le cimetière Behesht-e Zahra, dans le sud de Téhéran, en Iran, le 1er février 2026 (Photo de Morteza Nikoubazl/NurPhoto).

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