Publié le 29 octobre 2025. À cent jours du coup d’envoi des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, la championne de ski Sofia Goggia se confie sur ses objectifs, ses blessures et son avenir, alors que le monde du ski féminin se prépare à une saison incertaine.
La skieuse bergamasque Sofia Goggia, l’une des figures emblématiques du ski alpin féminin, aborde la nouvelle saison avec une détermination renouvelée, à cent jours des Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026. Malgré un parcours semé d’embûches, notamment les blessures de ses compatriotes Federica Brignone et Marta Bassino, l’athlète de 33 ans se projette vers les défis à venir, affirmant sa volonté de donner le meilleur d’elle-même.
Interrogée sur son lien avec Cortina, théâtre de moments forts et de blessures, Goggia évoque un attachement qui s’étend à sa ville natale de Bergame. Elle ne s’attarde pas sur les chutes passées, préférant se concentrer sur l’aspect positif des expériences, même lorsqu’elles sont difficiles. « Avant et après Pékin, il y a eu de nombreuses courses, certaines avec des blessures. Mais chaque suite a toujours été, comme j’aime le souligner, au nom de l’amour », explique-t-elle.
Animée par la quête d’expériences inédites et d’objectifs à atteindre, Sofia Goggia trouve dans le ski une source d’émotions incomparables. L’adrénaline du départ et la joie partagée avec son équipe en cas de succès sont, selon elle, inégalables. Elle affirme ne pas craindre les regrets après sa carrière, tant qu’elle aura la conscience d’avoir tout donné.
La skieuse revient sur ses succès olympiques, comparant sa médaille d’or à Pyeongchang en 2018 à sa médaille d’argent à Pékin en 2022. Si la valeur intrinsèque de l’or est indéniable, le parcours vers l’argent chinois, réalisé sur « une jambe et demie », revêt une importance humaine particulière. « En termes de valeur humaine intrinsèque, la deuxième place en Chine vaut peut-être plus », confie-t-elle.
Après un été de préparation axé sur la diversification de ses capacités physiques, incluant des aspects acrobatiques et des sauts, Sofia Goggia se dit prête pour la saison. L’athlète a également traversé des moments difficiles, notamment lors de son séjour au Chili, où elle a été touchée par la tragédie de Matteo Franzoso, une épreuve qu’elle aborde avec pudeur et respect pour la famille.
Face aux incertitudes entourant les autres compétitrices, Goggia reconnaît que les projecteurs seront braqués sur elle. Elle assure cependant que son équipe a mis en place un « bouclier protecteur » depuis la blessure de Federica Brignone.
Concernant l’idée de quatre porte-étendards italiens aux Jeux, Sofia Goggia reste mesurée, affirmant que son entourage ne fera pas de pression sur le comité du CONI. Elle définit son approche de la saison et des Jeux avec trois adjectifs : « constant, lucide, concentré ».
La skieuse suggère également une évolution du format de la Coupe du monde, avec l’ajout de compétitions estivales dans l’hémisphère sud, afin de maintenir l’intérêt du public tout au long de l’année.
Envisageant son avenir au-delà de 2026, Sofia Goggia se projette encore en compétition en 2027, et aspire même à devenir médecin. Elle précise qu’elle soutiendra son mémoire de fin d’études en sciences politiques fin janvier 2026, tout en jonglant avec son emploi du temps chargé.
Sur le plan personnel, Goggia maintient une distance avec les relations amoureuses, privilégiant sa concentration sur ses objectifs sportifs, du moins jusqu’en avril prochain.
Face à l’absence probable de Federica Brignone dans la course au globe de cristal, Sofia Goggia se positionne, non sans humour, comme une prétendante potentielle face à Mikaela Shiffrin et Lara Gut-Behrami.
Enfin, quelle que soit l’issue des Jeux de 2026, Sofia Goggia est certaine qu’elle ne pourra être effacée de l’histoire du sport. L’image qu’elle conservera de Cortina sera celle de l’aube illuminant les Tofanes, un souvenir immuable de sa connexion avec les lieux.