Publié le 06.10.2025. La rivalité légendaire entre Sonic et Mario s’intensifie sur les pistes de kart. Avec « Sonic Racing: Crossworlds », Sega entend détrôner le roi incontesté du genre « fun racer », Mario Kart, en proposant une expérience frénétique et pleine de surprises.
- « Sonic Racing: Crossworlds » promet un gameplay explosif, alliant vitesse, précision et chaos contrôlé.
- Le jeu introduit des mécaniques innovantes comme les transformations de véhicules et les portails dimensionnels pour des courses imprévisibles.
- Malgré ses qualités, le titre souffre d’un facteur de « grind » élevé et d’une présentation parfois surstimulante.
Depuis des années, la question est sur toutes les lèvres des amateurs de jeux de course arcade : Sonic parviendra-t-il à déloger Mario Kart de son piédestal ? La rivalité entre le hérisson bleu et le célèbre plombier est un classique, et Sega semble vouloir régler les comptes avec « Sonic Racing: Crossworlds ». Après des années en demi-teinte, la franchise Sonic a retrouvé une certaine constance, mais le genre du « fun racer » exigeait une nouvelle approche.
L’opus précédent, « Team Sonic Racing » (2019), avait été jugé solide mais manquant d’audace créative comparé à son prédécesseur « Sonic & All-Stars Racing Transformed ». La communauté des fans avait largement plébiscité « Mario Kart 8 Deluxe », laissant peu de place à la concurrence. Cependant, les récentes critiques concernant les modes en ligne de « Mario Kart World » et les efforts de Nintendo pour corriger ces failles suggèrent que Sega a flairé une opportunité.
« Sonic Racing: Crossworlds » semble avoir entendu les doléances des joueurs. Fini les longs tracés monotones et les problèmes de connexion : place à des circuits tortueux aux couleurs vives, qui mettent à rude épreuve les réflexes. Le jeu propose un système de personnalisation des véhicules impactant le comportement sur la piste, promettant une profondeur stratégique bienvenue.
Le jeu emprunte naturellement à la formule « Mario Kart », avec des objets à collectionner – ici, des anneaux dorés remplaçant les pièces – et des circuits qui n’hésitent pas à s’inspirer de leurs homologues de Nintendo, à l’image d’un « Jardin Arc-en-ciel » qui ne laisse aucune place au doute quant à son inspiration. La différence réside dans la mesure : atteindre 100 anneaux débloque un boost de puissance maximal, et la physique semble légèrement plus fantaisiste, mais toujours aussi entraînante.
Là où « Crossworlds » se distingue véritablement, c’est dans ses mécaniques uniques. D’une part, le retour des transformations de véhicules à la « Sonic & All-Stars Racing Transformed » permet des transitions fluides entre courses terrestres, aquatiques et aériennes, dynamisant l’action. D’autre part, le concept « Crossworlds » ajoute une dimension épique : à chaque course, des portails dimensionnels redirigent les concurrents vers des tracés alternatifs. Le joueur en tête au premier tour a même la liberté de choisir la direction que prendra le peloton dans la dimension suivante, introduisant un élément narratif et stratégique rarement vu dans le genre.
Cette combinaison de transformations et de portails dimensionnels assure une variété constante, rendant chaque course imprévisible et excitante. Le jeu parvient à créer un spectacle chorégraphié où même les vétérans ne maîtrisent jamais totalement la situation, offrant une expérience aussi chaotique que gratifiante. La présentation colorée et le style propre à Sonic contribuent à cette ambiance unique.
Cependant, tout n’est pas parfait. Le dernier tracé d’un Grand Prix, qui consiste en un remix des trois courses précédentes reliées par des portails, peut sembler un ajout un peu facile et dévalorise la mécanique des choix de portails. De plus, le système de progression et le déblocage des pièces de véhicule via une monnaie virtuelle (« billets Donpa ») demandent un investissement de temps considérable, créant un fort facteur de « grind ».
Le principal reproche adressé à « Crossworlds » réside dans sa surstimulation visuelle et auditive. Les circuits, bien que détaillés et colorés, peuvent devenir surchargés, rendant parfois difficile la distinction des obstacles et des objets. La musique, avec ses rythmes effrénés et son instrumentation parfois criarde, peut devenir épuisante après quelques heures, poussant à réduire le volume. Le jeu semble vouloir forcer le rythme en permanence, au détriment d’une expérience plus nuancée.

Si…
… vous aimez les jeux de course frénétiques, chaotiques, pleins de surprises et qui délivrent une bonne dose d’adrénaline.

Ne pas l’acheter si…
… vous préférez les courses linéaires, une musique subtile et peu de « grind », ou si vous êtes rapidement stressé par une présentation surchargée.
Pour les amateurs de jeux de course arcade à la recherche d’une alternative à « Mario Kart » sur PlayStation, Xbox et PC, « Sonic Racing: Crossworlds » offre une expérience intense et divertissante, bien que parfois éprouvante. Les propriétaires de Nintendo Switch pourraient y trouver une bonne option secondaire, mais « Mario Kart World » conserve un avantage en termes de finesse et de sensibilité.
Aperçu
Points forts
- Segments transformés (bateaux/avions) spectaculaires.
- Portails dimensionnels garantissant des courses variées.
- Circuits exigeants qui demandent adresse et réflexion.
- Présentation colorée et fidèle à l’univers de Sonic.
- Mécaniques intelligentes récompensant la stratégie.
- Nostalgie assurée pour les fans de jeux de course classiques.
Points faibles
- Facteur de « grind » élevé pour débloquer les pièces de véhicule.
- Circuits surchargés et obstacles parfois peu clairs.
- Musique fatigante sur le long terme.
- Le dernier circuit de Grand Prix est un simple remix.
- Certaines décisions de conception trop chaotiques.
- Peut être écrasant pour les nouveaux venus.
Récompenses
Conclusion
« Sonic Racing: Crossworlds » est un jeu de course résolument arcade, chaotique et foisonnant d’idées astucieuses qui transforment chaque course en une expérience mémorable. L’effet de surprise provoqué par le passage d’une dimension à l’autre, contrastant avec les styles des tracés, est particulièrement réussi. Les segments transformés, qu’il s’agisse de passages sur l’eau ou dans les airs, surpassent même ce que « Mario Kart » a pu proposer en termes de transitions spectaculaires.
Cependant, des aspects comme le facteur de « grind », une surstimulation visuelle constante, une représentation parfois confuse des objets et une bande-son trop agitée viennent ternir le tableau. Malgré des conditions réunies pour concurrencer le roi du genre, « Crossworlds » manque de cette finesse qui le distinguerait véritablement.
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En l’absence de cette sensibilité, le jeu n’est pas un remplaçant direct pour le trône du « fun racer ». C’est une expérience sauvage, colorée et effrénée, un régal pour les fans de Sonic et ceux qui aiment perdre le contrôle sans que le monde ne s’écroule. On le prend tel quel : débridé, déjanté, un peu chaotique, et donc divertissant, mais pour une durée limitée.
Il n’existe probablement pas de meilleur substitut à Mario Kart sur PlayStation, Xbox et PC. Pour les futurs possesseurs de la Switch 2, il représente une solide deuxième option aux côtés de Mario Kart, moins spectaculaire mais bien plus subtil.
