Publié le 25 février 2026 18h00. Les cartes de paiement fractionné, ou BNPL (« buy now pay later »), cherchent à s’imposer en France comme une alternative aux cartes de crédit traditionnelles, mais leur adoption reste encore timide malgré les initiatives de Klarna et Floa.
- En décembre 2025, Klarna a lancé ses cartes BNPL en France, après un déploiement réussi aux États-Unis.
- Floa, filiale de BNP Paribas, propose déjà une carte Mastercard permettant de payer en quatre fois depuis janvier 2025.
- Ces cartes offrent un échéancier de remboursement fixe et transparent, ainsi qu’un meilleur contrôle du budget par rapport aux cartes de crédit.
Dans un paysage des paiements en constante évolution, un nouveau venu tente de se faire une place : les cartes BNPL. Ces cartes permettent de fractionner le montant des achats, contrairement aux cartes de crédit qui reposent sur une réserve renouvelable avec intérêts. Si le paiement en plusieurs fois est déjà bien ancré dans les habitudes des consommateurs français – 66 % d’entre eux y ont déjà eu recours, selon une étude Floa/Kantar – la carte dédiée représente un dispositif différent, utilisable aussi bien en ligne qu’en magasin.
Klarna a mis en circulation ses cartes BNPL en France en décembre 2025, cinq mois après leur lancement aux États-Unis. « La carte fonctionne comme une carte de débit et peut être utilisée partout où Visa est acceptée. Lorsque les clients souhaitent payer en trois fois sans frais, ils activent simplement l’option dans l’application avant de régler leur achat », explique Clémence Le Floch, directrice générale de Klarna France. L’entreprise se montre optimiste quant à l’accueil réservé à ce nouveau produit, soulignant l’appréciation des utilisateurs pour la flexibilité, la clarté des modalités de remboursement et la facilité d’utilisation.
Avant Klarna, Floa avait déjà pris les devants en lançant une carte Mastercard permettant de payer en quatre fois dès janvier 2025. « Plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs utilisent cette carte », indique Marc Lanvin, directeur général adjoint de Floa. Pour l’instant, ces deux acteurs sont les seuls à proposer ce type de carte en France. Sofinco, quant à elle, privilégie pour le moment sa carte de crédit renouvelable et n’envisage pas de lancer une carte BNPL dans l’immédiat. « C’est une solution à laquelle nous réfléchissons, mais ce n’est clairement pas notre objectif principal. Ce serait éventuellement un produit parmi d’autres dans notre gamme », confie Emmanuel Branche, directeur du BNPL chez Sofinco.
L’Observatoire de la Fintech estime que la culture du paiement fractionné est déjà bien ancrée en France, mais souligne la nécessité de convaincre les consommateurs d’adopter la carte plutôt que de se contenter des solutions BNPL déjà intégrées aux sites de commerce électronique. « Il me paraît inévitable qu’un moyen de paiement intégrant nativement des facilités de paiement rencontre du succès dans les années à venir », résume Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la Fintech.
« Dans un marché où la carte de débit est largement privilégiée, cette solution répond aux attentes en combinant le contrôle d’une carte de débit avec la simplicité du paiement en plusieurs fois sans frais. »
Clémence Le Floch, directrice générale de Klarna France
Selon les experts, le principal atout de la carte BNPL réside dans sa capacité à offrir un meilleur contrôle du budget, grâce à un échéancier de remboursement fixe et transparent, et à engendrer moins de frais que les cartes de crédit traditionnelles. Cependant, Claire Calméjane, experte des paiements, souligne que la démocratisation de ces cartes dépendra de leur capacité à sortir de leur niche actuelle et de leur intégration dans les portefeuilles numériques. Elle pointe également l’absence du badge CB comme un frein potentiel à leur adoption massive sur le marché français.