L’escalade des combats dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud, a provoqué le déplacement de plus de 280 000 personnes depuis fin décembre 2025, plongeant la région dans une crise humanitaire aiguë. Les affrontements entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) et l’Armée populaire de libération du Soudan du Sud dans l’opposition (SPLA-iO) perturbent l’accès aux soins, pillent les infrastructures médicales et mettent en danger les populations vulnérables.
À retenir
- Plus de 280 000 personnes ont été déplacées dans l’État de Jonglei en raison des combats.
- Douze établissements de santé ont été pillés ou partiellement détruits, compromettant l’accès aux soins de santé essentiels.
- Les cas de choléra sont en augmentation dans les zones touchées par le conflit, avec près de 100 000 cas signalés depuis septembre 2024.
Contexte
La situation humanitaire dans l’État de Jonglei se détériore rapidement, marquée par une intensification des affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes d’opposition. Le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé sa vive préoccupation face à cette escalade de la violence, appelant toutes les parties à cesser les hostilités et à privilégier le dialogue.
Les conséquences de ces combats sont désastreuses pour la population civile. Outre les déplacements massifs, les infrastructures de santé sont particulièrement touchées. Les pillages et les destructions d’établissements de santé rendent l’accès aux soins de plus en plus difficile, notamment pour les femmes et les enfants.
Ce qui change
Depuis fin décembre 2025, environ 280 000 personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers dans les comtés d’Uror, Nyirol, Akobo, Duk, Ayod, Canal/Pigi, Twic East et Bor South. Plus précisément, 105 400 personnes ont été déplacées à Uror, 57 200 à Nyirol, 27 100 à Duk, 17 000 à Ayod, 11 800 à Akobo, 10 000 à Canal/Pigi, 8 000 à Twic East et 4 300 à Bor South. Des déplacements secondaires ont également été enregistrés vers les États du Haut-Nil et des Lacs, avec 29 500 personnes enregistrées à Mingkaman et environ 12 000 arrivées dans le comté d’Ulang.
Parallèlement, une épidémie de choléra se propage dans les comtés touchés par le conflit. Au 12 février, 98 195 cas de choléra ont été recensés depuis le début de l’épidémie en septembre 2024, dont 1 619 décès. Les comtés de Duk, Mayendit et Mayom sont les plus touchés.
Des incidents impliquant des munitions non explosées ont également été signalés, entraînant des blessures et des décès, notamment chez les enfants. Le 9 février, deux enfants ont été blessés dans le village de Dik (comté d’Uror) et un adolescent a été tué et un autre blessé à Yuai. De plus, sept femmes ont été arrêtées près de Walgak (comté d’Akobo) et victimes de violences sexuelles, dont une a succombé à ses blessures.
Prochaines étapes
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a renforcé sa présence sur le terrain, notamment en déployant une équipe chirurgicale temporaire dans le comté de Panyijiar (État d’Unity) et en soutenant l’hôpital d’Akobo. Une mission d’évaluation rapide interinstitutions est en cours dans le comté de Duk pour évaluer les besoins des populations touchées.
Le Coordonnateur humanitaire a rencontré le Ministre des Affaires humanitaires et de la Gestion des catastrophes pour discuter des contraintes d’accès et d’une mission conjointe prévue à Duk Poktap. Le ministre a assuré que des mesures seraient prises pour faciliter l’accès des organisations humanitaires à l’ensemble de l’État de Jonglei.
L’UNICEF prévoit de transporter des doses de vaccin oral contre le choléra (OCV) vers le comté de Duk dans les prochains jours, dans le cadre de la réponse à l’épidémie.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de personnes déplacées | Plus de 280 000 |
| Nombre d’établissements de santé pillés/détruits | 12 |
| Nombre de cas de choléra (depuis septembre 2024) | 98 195 |
| Nombre de décès dus au choléra | 1 619 |
Sources
Déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies, 13 février 2026.
Communiqué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), 12 février 2026.