Home Divertissement ‘Soumsoum, the Night of the Stars’ Review: Chadian Arthouse Horror

‘Soumsoum, the Night of the Stars’ Review: Chadian Arthouse Horror

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Mahamat-Saleh Haroun, réalisateur tchadien reconnu pour ses drames poignants, explore un nouveau registre avec Soumsoum, la nuit des astres, une fable moderne sur l’adolescence et la résilience, présentée en compétition au Festival de Berlin. Le film, qui emprunte des codes à l’horreur adolescente sans en avoir les effets faciles, marque une évolution dans l’œuvre du cinéaste, après Lingui, les liens sacrés.

Tourné en grande partie sur le spectaculaire plateau de l’Ennedi, dans le nord-est du Tchad, Soumsoum suit Kellou (Maïmouna Maiwama), une lycéenne de 17 ans confrontée à des visions troublantes. Le paysage, décrit comme un mélange entre la Monument Valley des westerns américains et la planète Arrakis de Dune, devient presque un personnage à part entière, accentuant l’atmosphère onirique et parfois inquiétante du film.

L’histoire débute avec des sons évoquant une inondation qui a dévasté le village de Kellou. L’adolescente, rebelle et taciturne, partage une petite maison avec son père (Ériq Ebouaney) et sa belle-mère (Brigitte Tchanégué), mais préfère s’évader avec son petit ami (Christ Assidjim Mbaihornom) dans les canyons environnants. Kellou semble être une adolescente ordinaire, si ce n’était ces visions de mort et de créatures terrifiantes, qu’elle interprète comme des souvenirs du passé ou des prémonitions de l’avenir. « Je ne crois pas être normale », confie-t-elle à son père, qui ne semble pas l’écouter.

Sa rencontre avec Aya (Achouackh Abakar Souleymane), une femme marginalisée par les villageois, va bouleverser sa vie et l’aider à comprendre l’origine de ses troubles. Le film, co-écrit avec le romancier français Laurent Gaudé (auteur de Chien 51), explore ainsi les traumatismes de Kellou – née dans des circonstances tragiques, sa mère étant décédée en couche – ainsi que ceux de son père, un immigré isolé hanté par un passé sombre.

Si Soumsoum évoque parfois des classiques de l’horreur comme Carrie ou L’Exorciste, Mahamat-Saleh Haroun utilise les codes du genre pour explorer des thèmes plus profonds, en s’inspirant également du folklore africain. Le rythme lent et contemplatif du film, ainsi que le style austère du réalisateur, ne plairont pas à tous, mais certains moments, notamment les séquences visuellement impressionnantes où la cinématographie de Mathieu Giombini sublime les paysages désertiques, restent gravés dans la mémoire.

Malgré un récit parfois inégal et des performances discrètes, Maïmouna Maiwama se révèle convaincante dans le rôle de Kellou, une jeune fille qui transforme son statut d’outsider en une force potentielle. Le film, qui évite les clichés d’une fin sanglante typique du genre, propose une résolution plus subtile et significative, confirmant que même dans un pays marqué par la mort, l’espoir peut subsister.

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