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Stop au plastique dans les cantines : une pétition en ligne à Rennes

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Publié le 8 février 2024 22:24:00. À Rennes, l’application d’une loi nationale interdisant le plastique pour la cuisson des repas scolaires est retardée jusqu’en 2029, suscitant l’inquiétude d’une médecin et mère d’élève quant aux risques sanitaires encourus par les enfants.

  • Une loi de 2018 interdit l’utilisation de contenants en plastique pour la cuisson et le réchauffage des repas dans les cantines scolaires, afin de limiter l’exposition des enfants aux substances chimiques potentiellement libérées par le plastique chauffé.
  • À Rennes, cette interdiction ne sera pleinement appliquée qu’en 2029, avec la construction d’une seconde cuisine centrale.
  • Une médecin rennaise alerte sur les conséquences sanitaires de l’utilisation continue de barquettes plastiques, pointant du doigt un décalage entre les ambitions affichées par la municipalité et la réalité sur le terrain.

Alors que la loi Egalim, adoptée en 2018, prévoit l’interdiction de l’utilisation de contenants en plastique pour la cuisson et le réchauffage des repas scolaires à partir du 1er janvier 2025, la situation à Rennes diffère. La municipalité a annoncé que l’application de cette mesure ne se fera qu’à l’horizon 2029, avec la mise en service d’une seconde cuisine centrale. En attendant, les barquettes plastiques continueront d’être utilisées pour réchauffer les repas servis dans les écoles publiques de la ville.

Cette situation a interpellé Alinoë Lavillaureix, médecin et mère d’élève, qui a exprimé ses préoccupations sur le réseau social LinkedIn. Elle souligne un contraste entre l’engagement de la ville en faveur de l’agriculture biologique, des produits locaux et de la lutte contre le gaspillage alimentaire, et le maintien de l’utilisation du plastique dans les cantines.

« La ville de Rennes met en avant le bio, les produits locaux et la lutte contre le gaspillage — et c’est une bonne chose. Mais un point essentiel reste ignoré. »

Alinoë Lavillaureix, médecin et mère d’élève

L’inquiétude de la médecin est fondée sur les risques sanitaires liés au chauffage du plastique. Elle rappelle que les plastiques, lorsqu’ils sont chauffés, libèrent des substances toxiques telles que les phtalates, les bisphénols, ainsi que des micro- et nanoplastiques. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces substances sont considérées comme des perturbateurs endocriniens, dont les effets peuvent être graves et cumulatifs. Elle cite notamment des troubles du développement, des pubertés précoces, de l’obésité, de l’asthme, des atteintes immunitaires, des problèmes de fertilité, des cancers hormonodépendants et des maladies cardiovasculaires.

Ces alertes locales s’inscrivent dans un contexte de recherches scientifiques récentes qui confirment les liens entre l’exposition précoce aux plastiques et le développement de maladies chroniques. Une vaste synthèse de la littérature scientifique internationale, publiée en septembre 2025, a mis en évidence « des décennies de preuves » étayant cette corrélation. À Rennes, la médecin insiste sur le nombre important d’enfants concernés : « Aujourd’hui, 14 000 enfants rennais sont exposés chaque jour à ces substances, malgré une interdiction légale claire ». Elle met également en perspective les choix de Rennes avec ceux d’autres villes, citant l’exemple de Toulouse, qui a déjà éliminé le plastique chauffé dans ses cantines scolaires sans attendre la construction d’un nouvel équipement.

À Toulouse, la collectivité a opté pour une sortie progressive du plastique chauffé, en adaptant les cuisines existantes, en utilisant des contenants en inox et en réorganisant la logistique. Cette transition s’est faite par étapes, contrairement à la capitale bretonne où la situation perdure sans information claire pour les familles.

« Ni les parents, ni même les parents élus n’ont été informés de manière transparente des choix municipaux, pourtant déterminants pour la santé des enfants. »

Alinoë Lavillaureix, médecin et mère d’élève

La mobilisation citoyenne a permis quelques avancées. « 7 écoles sur 89 expérimenteront le tout inox à partir de 2026 », précise la médecin, tout en soulignant l’insuffisance et l’inégalité de cette mesure, ainsi que l’absence de calendrier pour les autres établissements. Elle appelle à un audit urgent et à des mesures concrètes dès 2026 pour protéger tous les enfants rennais, et invite les habitants à soutenir la pétition lancée par le collectif Cantine sans plastique.

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