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Sunn O))) Made Getting Crushed by Sound Fun in Toronto

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Le duo expérimental Sunn O))) a marqué son retour à Toronto le 14 avril 2026 avec une performance monumentale au 131 rue McCormack, transformant le lieu en un bastion de sons pulsés pour promouvoir leur dernier album éponyme.

Pendant 105 minutes, Stephen O’Malley et Greg Anderson ont plongé le public dans une expérience sensorielle extrême, caractérisée par des murs de distorsion et un volume sonore colossal. Le groupe, dont le nom rend hommage aux amplificateurs haute puissance prisés par des artistes comme Jimi Hendrix ou les Melvins, a investi l’espace bétonné et métallique du 131 rue McCormack pour y ériger un véritable dispositif sonore composé de plus de deux douzaines d’amplificateurs et de cabinets disposés en croissant.

L’atmosphère, chargée d’une énergie nerveuse, a basculé dès l’entrée en scène des deux musiciens, vêtus de robes mythiques. Le spectacle a débuté sans introduction ni première partie, après une séquence sonore composée de dialogues enregistrés du groupe Venom — unique moment où des percussions ont été perceptibles. Sous des volutes de fumée blanche et des jeux de lumières changeants, passant du magenta au vert, au rouge puis au jaune, le duo a déployé un ensemble de fréquences massives, transformant le concert en une véritable épreuve d’endurance physique pour l’audience.

L’expérience s’est révélée être autant un spectacle visuel qu’une immersion sonore. Entre des gestes chorégraphiés et des postures théâtrales, O’Malley et Anderson ont manipulé leurs instruments pour créer des ondes oscillantes et abrasives. Pour certains spectateurs, l’intensité du son a provoqué des réactions physiques involontaires, allant de contractions musculaires à des vibrations ressenties jusque dans la cage thoracique.

Loin d’un concert traditionnel, la performance a pris une dimension quasi rituelle. En l’absence de rythme ou de mélodie conventionnelle, une partie du public a adopté une posture de méditation ou de dévotion, certains fermant les yeux ou levant les bras en signe de prière, s’abandonnant totalement au chaos sonore. Malgré l’oppression acoustique, l’événement a été décrit comme une expérience transcendante, alliant masochisme et joie.

Le final apocalyptique a été marqué par une mise en scène singulière : les guitares des musiciens, dont une Travis Bean d’O’Malley, se sont retrouvées suspendues aux structures du plafond. Après un dernier accord et un salut final, le duo s’est embrassé tandis que les instruments continuaient de produire du feedback, avant qu’un silence soudain ne mette fin à la session.

En conclusion, Sunn O))) a proposé une performance où la musique devient une vision et un test de volonté. Entre catharsis et punition sonore, le groupe a confirmé sa capacité à transformer le bruit en une expérience plaisante et hallucinatoire, prouvant que le bonheur peut également naître de l’absence de mélodie, pourvu que l’on accepte d’être d’abord écrasé par le son.

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