Alors que des discussions émergent autour d’une possible prise de participation du NRL dans la Super League, le président de la ligue australienne, Peter V’landys, a précisé que rien de concret n’était sur la table. Il a cependant conditionné toute éventuelle aide à la mise en place d’une instance dirigeante indépendante pour le rugby à XIII.
« Nous pourrions le faire. C’est une option, si c’est ce qu’ils souhaitent », a affirmé V’landys, soulignant l’importance d’une gouvernance indépendante pour le succès du sport, un modèle qu’il estime avoir grandement contribué à la réussite de l’Australie dans ce sport. « Les prises de décision indépendantes agissent toujours dans l’intérêt général du jeu, et non pour des groupes d’intérêt particuliers. »
V’landys s’est rendu à Londres pour assister à la victoire de l’Australie contre l’Angleterre (26-6) devant 60 812 spectateurs, un record pour un test match des Ashes au Royaume-Uni. Il y voit la preuve de l’intérêt pour le rugby à XIII en Angleterre, mais regrette une gestion qu’il juge lacunaire, pointant du doigt l’absence d’une équipe basée dans une métropole comme Londres en Super League.
Les London Broncos, qui bénéficient d’investissements australiens, dont celui de la légende Kangourou Darren Lockyer, ont vu leur candidature pour la prochaine saison de Super League refusée. La promotion est revenue aux Bradford Bulls, au détriment des Salford Red Devils, suite au système de classement du championnat, tandis que Toulouse et York ont été sélectionnés par un panel indépendant pour rejoindre la ligue élargie à 14 équipes.
Cette décision survient alors que les Broncos avaient déjà recruté l’ancien entraîneur des South Sydney Rabbitohs, Jason Demetriou, pour trois ans, ainsi que l’international australien Reagan Campbell-Gillard et le talonneur tongien Siliva Havili. « Londres aurait dû être le premier choix », insiste V’landys. « Si l’on veut commercialiser le produit, il faut le faire dans une ville peuplée. C’est là que se trouvent les sponsors et les revenus potentiels. Ils ont manqué cette opportunité. » Il estime que les instances actuelles peinent à promouvoir le sport, manquant d’une « structure adéquate pour faire progresser le produit. »
Concernant l’expansion de la Super League, V’landys exprime des réserves : « Vont-ils obtenir des revenus de diffusion supplémentaires ? Vont-ils attirer plus de spectateurs ? Augmenter la participation ? Cela n’a pas été expliqué. » Il réclame une feuille de route claire pour les dix prochaines années. « Il faut un plan et une vision pour l’avenir. Sinon, on va dans toutes les directions sans but précis. »
Malgré certaines améliorations notables en termes d’affluence et d’audience, V’landys conclut : « Il faut aussi avoir une base financière très solide, et pour l’instant, ce n’est pas le cas. »