Publié le 2025-10-17 15:46:00. Le nouveau ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé jeudi que le projet de budget pour 2026 prévoyait environ 4 000 suppressions de postes d’enseignants, principalement dues à la baisse démographique. Une décision vivement critiquée par les syndicats qui y voient un « abandon » de l’école publique.
- Environ 4 000 postes d’enseignants pourraient être supprimés en 2026.
- Ces suppressions sont justifiées par la baisse du nombre d’élèves.
- Les syndicats dénoncent une politique d’austérité et un « abandon » de l’école publique.
Lors d’un déplacement à Soisy-sur-Seine (Essonne), Édouard Geffray a confirmé que le projet de budget de l’Éducation nationale pour 2026 incluait des suppressions de postes d’enseignants, chiffrées à « à peu près les ordres de grandeur » de 4 000, comme avancé par le syndicat Snes-FSU. Il a cependant nuancé ces chiffres en expliquant que ces suppressions étaient compensées par des créations de postes. « Il y a des suppressions de postes d’un côté, il y a des créations de postes de l’autre », a-t-il déclaré, précisant que les suppressions correspondaient à l’effondrement démographique tandis que les créations visaient à pourvoir les futurs concours d’enseignants.
Le projet de loi de Finances (PLF) pour 2026 prévoit une légère augmentation du budget de l’Éducation nationale, atteignant 64,5 milliards d’euros, soit une hausse de 200 millions par rapport à l’année précédente. Au total, 5 440 emplois équivalents temps plein (ETP) devraient être créés. Cette augmentation nette s’explique en grande partie par la réforme de la formation initiale des enseignants, qui abaissera les concours à bac+3, les futurs professeurs étant ensuite fonctionnaires stagiaires pendant un an. Pendant la période de transition (2026-2027), les concours seront ouverts aux niveaux bac+3 et bac+5.
« Cette année, les concours, c’est 46% de postes en plus qui sont ouverts », a souligné Édouard Geffray. Cependant, les syndicats contestent cette vision. Selon le Snes-FSU, le budget 2026 entraînerait une suppression nette de 4 018 postes d’enseignants (2 373 dans le premier degré public et privé, et 1 645 dans le second degré). Si 5 400 créations d’emplois sont annoncées, celles-ci proviendraient en grande partie de la création de 7 938 postes de fonctionnaires stagiaires, dont seule une partie sera effectivement en poste devant les élèves l’année prochaine. Le projet prévoit également la création de 1 200 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), un chiffre en baisse par rapport aux 2 000 de l’année précédente, et 200 postes dans le secteur médico-social.
Face à ces annonces, les syndicats ont vivement réagi. La FSU-Snuipp a dénoncé une « politique d’austérité » et un « abandon » de l’école publique, qualifiant la hausse des postes de « trompe-l’œil » qui « cache en réalité une suppression ». Le SE-Unsa a renchéri, affirmant que « sous couvert de baisse démographique, le gouvernement s’autorise à supprimer massivement des postes » et que « on touche le fond ».