Publié le 2025-11-08 14:45:00. L’Assemblée nationale vietnamienne débat de réformes ambitieuses pour révolutionner les secteurs de l’éducation et de la santé, visant à résoudre les pénuries d’enseignants, à améliorer l’accès aux soins et à moderniser les systèmes de santé publique.
- Le Parlement examine de nouvelles politiques pour remédier au déséquilibre entre surplus et manque d’enseignants locaux, tout en révisant les mécanismes de recrutement et de mobilité du personnel éducatif.
- Un ensemble de quatre propositions politiques « révolutionnaires » est soumis pour le secteur de la santé, axé sur la réduction des dépenses, la rémunération du personnel, la formation et les finances.
- L’introduction des manuels scolaires numériques est envisagée pour dynamiser l’apprentissage et encourager l’innovation pédagogique, s’inspirant de modèles éducatifs internationaux.
Les discussions au sein de la Commission culturelle et sociale de l’Assemblée nationale révèlent une volonté de décentralisation et d’autonomie accrue dans la gestion du personnel éducatif, afin de pallier les problèmes de surreprésentation dans certaines zones et de manque criant dans d’autres. Le projet de résolution sur les mécanismes spécifiques et les politiques d’excellence pour le développement de l’éducation et de la formation vise à apporter des « changements révolutionnaires ». La commission a émis des réserves, appelant à une révision des réglementations sur le déploiement et la mobilité du personnel pour assurer leur faisabilité pratique. Des mécanismes de contrôle et d’inspection réguliers sont également préconisés pour garantir transparence et équité.
Dans le domaine de l’éducation, la Commission culturelle et sociale a proposé de clarifier les conditions de soutien et de supervision pour prévenir les risques négatifs liés à la décentralisation du pouvoir de recrutement. L’objectif est de permettre aux jardins d’enfants, aux établissements d’enseignement général et de formation continue de recruter du personnel si les critères sont remplis. Parallèlement, le ministère de l’Éducation a été chargé de définir un ensemble de manuels d’enseignement général uniformes à l’échelle nationale pour la rentrée 2026-2027. Certains représentants ont plaidé pour l’élaboration d’une feuille de route vers l’adoption de manuels électroniques, à l’instar de pays comme la Finlande, le Japon, les États-Unis ou l’Estonie. Le représentant Duong Minh Anh (Hanoï) a souligné le potentiel des manuels numériques à offrir une expérience d’apprentissage immersive grâce à l’intégration de contenus multimédias interactifs, tout en encourageant les enseignants à innover dans leurs pratiques pédagogiques.
Concernant le secteur de la santé, la Commission culturelle et sociale a convenu de soumettre une résolution sur des mécanismes et politiques inédites pour la protection, la prise en charge et la promotion de la santé publique. Ce projet, aligné sur la résolution du Politburo n° 72-NQ/TW, se décline en quatre axes majeurs : la réduction des dépenses médicales publiques, la refonte des systèmes de salaires et d’indemnités pour le personnel médical, la formation professionnelle dans ce domaine, ainsi que des mesures fiscales et financières. L’idée d’un examen de santé annuel gratuit, envisagée dès 2026, a été renvoyée au projet de loi sur la prévention des maladies pour y définir les principes de financement et les modalités d’application. Des discussions portent également sur l’exonération des frais d’hospitalisation à partir de 2027, une mesure qui sera progressivement mise en œuvre pour les assurés sociaux. La nécessité d’ajuster les systèmes et politiques pour des groupes spécifiques du personnel médical, tels que les agents de santé villageois ou les sages-femmes, a été soulevée, afin de mieux adapter les dispositifs à leurs fonctions.
Le représentant Pham Khanh Phong Lan (Hô Chi Minh-Ville) a insisté sur l’importance d’une rémunération attractive pour attirer les talents, suggérant une augmentation significative des salaires, notamment pour les agents de santé préventive. Il a également souligné que toute exonération des frais d’hospitalisation doit s’accompagner d’une garantie de la qualité des soins et de la performance des systèmes d’assurance maladie et d’autonomie des hôpitaux. La vice-présidente de la Commission culturelle et sociale, Dotiran, a appelé à clarifier le lien entre l’innovation salariale et l’autonomie financière des établissements de santé, plaidant pour une décentralisation accrue afin de lever les obstacles à l’investissement matériel et à l’approvisionnement médical.
Au cours de cette session, la Commission culturelle et sociale a également examiné plusieurs rapports gouvernementaux relatifs à son champ de compétences, notamment sur le fonctionnement du Fonds de prévention des dommages liés au tabac, l’application des politiques d’assurance maladie et la gestion de la Caisse d’assurance maladie pour les années 2023-2024.