Les fonds négociés en bourse (FNB) de répartition d’actifs ont profondément modifié le paysage de l’investissement au Canada, limitant la capacité des banques à orienter leurs clients vers des placements plus coûteux. Si cette évolution a globalement profité aux investisseurs grâce à des frais réduits et une diversification accrue, le choix peut s’avérer complexe, notamment pour les nouveaux entrants sur le marché.
Face à cette abondance d’options, il est judicieux de ne pas se limiter aux noms les plus connus comme Vanguard ou BlackRock. Une analyse approfondie des principaux FNB canadiens, en particulier ceux proposant des portefeuilles 100 % actions, est essentielle pour les investisseurs disposant d’un horizon de placement long et d’une tolérance au risque élevée.
Vanguard All-Equity ETF (VEQT) : des frais en baisse
L’un des atouts majeurs de VEQT réside dans la politique agressive de réduction des frais pratiquée par Vanguard Canada. Cette stratégie incite la concurrence à suivre le mouvement, au bénéfice des investisseurs. Le ratio de frais de gestion (RFG) actuel est de 0,24 %, mais il diminuera à 0,17 % à compter du 18 novembre 2025. Bien que ce changement ne se reflète pas encore dans le RFG déclaré, on peut s’attendre à un RFG effectif compris entre 0,19 % et 0,20 %, ce qui reste très compétitif pour un FNB d’actions tout-en-un.
VEQT adopte une structure simple, utilisant une approche ETF sur ETF. Sa répartition actuelle privilégie le marché américain (environ 44 %), suivi des actions canadiennes (30 %), des marchés développés hors Amérique du Nord (17 %) et des marchés émergents (7 %). Cette allocation reflète largement les pondérations de la capitalisation boursière mondiale, avec un biais délibéré en faveur du Canada. Tous les titres sous-jacents sont des ETF indiciels à faible coût, fidèles à la philosophie de Vanguard.
Un point perfectible concerne le calendrier de distribution annuel. Bien que mécaniquement neutre, une distribution trimestrielle pourrait encourager les nouveaux investisseurs à maintenir leurs placements malgré la volatilité du marché.
iShares Core Equity ETF (XEQT) : un classique culte
XEQT s’est imposé comme un choix populaire, soutenu par une communauté active en ligne (r/JustBuyXEQT) qui prône une approche d’investissement simple et efficace. Sur le plan de la construction, XEQT est très similaire à VEQT. La principale différence réside dans le choix des indices de référence : iShares utilise un mélange d’indices S&P et MSCI, tandis que Vanguard s’appuie sur CRSP et FTSE. Cette distinction n’affecte pas significativement les résultats.
XEQT présente une pondération légèrement plus faible en actions canadiennes et une allocation plus réduite aux marchés émergents par rapport à VEQT, des différences qui peuvent évoluer avec les fluctuations du marché. Son RFG actuel est de 0,20 %, basé sur des frais de gestion de 0,17 %, réduits par rapport à 0,18 %. Il reste à voir si le RFG déclaré convergera vers 0,19 % à la fin de l’exercice.
Un avantage notable de XEQT est sa fréquence de distribution trimestrielle, qui peut rassurer les nouveaux investisseurs et les encourager à rester investis, même en période de turbulences.
BMO All-Equity ETF (ZEQT) : une option locale
Pour ceux qui préfèrent un fournisseur canadien, ZEQT est un choix pertinent. Bien que Vanguard et BlackRock aient des filiales au Canada, BMO est l’une des rares entreprises nationales à proposer un FNB de répartition d’actifs entièrement composé d’actions. ZEQT suit les mêmes principes que ses concurrents : un portefeuille 100 % actions, construit à partir de FNB indiciels de la gamme BMO, et un RFG compétitif de 0,20 %.
Avec 547 millions de dollars d’actifs sous gestion, ZEQT est plus petit que VEQT et XEQT, mais reste suffisamment important pour ne pas être menacé de fermeture. Sa construction se distingue par une allocation délibérée aux actions de moyenne et petite capitalisation, en complément de l’exposition à la grande capitalisation. Cette approche est intéressante, car de nombreux indices de référence pondérés en fonction de la capitalisation boursière sont fortement concentrés sur les grandes entreprises, en particulier aux États-Unis.
Comme XEQT, ZEQT verse des distributions trimestrielles, ce qui peut avoir un effet psychologique positif sur les nouveaux investisseurs.
Global X All-Equity ETF (HEQT) : une exposition canadienne réduite
Si vous souhaitez limiter votre exposition aux actions canadiennes, HEQT pourrait être un meilleur choix. Proposé par Global X Canada, il réduit l’allocation aux actions canadiennes à environ 20 %. Cette portion canadienne est limitée aux grandes capitalisations (indice S&P/TSX 60). Pour l’exposition aux États-Unis et à l’international, HEQT s’appuie sur le S&P 500 et l’indice MSCI EAFE, axés sur les grandes et moyennes capitalisations.
HEQT se distingue par ses inclinaisons intentionnelles : une surpondération de la croissance et de la technologie des grandes capitalisations (via un ETF sur indice Nasdaq-100) et une orientation vers les petites capitalisations (via un ETF indiciel Russell 2000). Ces choix peuvent entraîner des périodes de surperformance ou de sous-performance. Son RFG est de 0,20 %, sans surcoût pour ces inclinaisons. Un atout supplémentaire est le calendrier de distribution mensuel.
Fidelity All-in-One Equity ETF (FEQT) : facteurs et cryptomonnaies
FEQT va plus loin que HEQT en intégrant à la fois l’investissement factoriel et l’exposition aux cryptomonnaies. Sa répartition géographique est globalement similaire à celle des autres FNB 100 % actions. Cependant, FEQT se différencie par le choix de ses titres sous-jacents. Au lieu de privilégier les ETF indiciels à faible coût, Fidelity cible quatre facteurs spécifiques : la faible volatilité, la valeur, la qualité et la dynamique. Ces biais factoriels sont appliqués à l’ensemble des segments d’actions américaines, canadiennes et internationales. FEQT alloue également environ 2,4 % à l’ETF spot Bitcoin de Fidelity.
Cette combinaison d’inclinaisons factorielles et d’exposition à la cryptographie a historiquement permis à FEQT de surperformer ses pairs, mais les performances passées ne garantissent pas des résultats futurs. Le RFG est plus élevé, à 0,43 %, en raison de la gestion active, des stratégies factorielles et de l’exposition aux cryptomonnaies. Il appartient à chaque investisseur de déterminer si ces frais sont justifiés.