Publié le 2025-10-06 18:08:00. Taïwan a clairement indiqué qu’elle ne céderait pas à la demande américaine de réorienter une partie de sa production de puces vers les États-Unis. Cette position a été réaffirmée par le vice-Premier ministre taïwanais, Cheng Li-Chiun, suite à des discussions sur les tarifs douaniers.
Le vice-Premier ministre taïwanais, Cheng Li-Chiun, a dissipé tout doute quant à la volonté de son pays de partager sa capacité de production de semi-conducteurs. « Notre équipe de négociation ne s’est jamais engagée à diviser la production de puces électroniques 50/50 avec les États-Unis, le public peut donc être serein », a-t-il déclaré. Ses propos font suite à un retour des États-Unis où il participait à des négociations sur les tarifs d’importation.
Cette fermeté taïwanaise intervient peu après que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a publiquement appelé Taïwan à une répartition équilibrée de sa capacité de production de puces entre les deux nations. Lors d’une interview accordée au média Press Nation, Lutnick a invoqué le concept de « Bouclier de silicium » (Silicon Shield) – qui désigne la position dominante de Taïwan dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs – pour justifier sa requête. Selon lui, la capacité des États-Unis à protéger Taïwan serait conditionnée par un partage de cette production.
« Mon argument auprès d’eux [Taïwan] est le suivant : si vous avez 95 %, comment puis-je vous protéger ? » a interrogé Lutnick. « Si nous en avons la moitié, nous aurons la capacité de faire ce que nous devons faire, si nécessaire », a-t-il ajouté, laissant entendre une mise en garde face à une potentielle agression chinoise.
Howard Lutnick, Secrétaire américain au Commerce
Taïwan abrite la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company Ltd. (TSMC), le plus grand fabricant mondial de semi-conducteurs. Les composants produits par TSMC sont essentiels pour une vaste gamme d’appareils électroniques commercialisés à travers le monde.
La réponse de Taïwan met en lumière la complexité des relations sino-taïwano-américaines. Pékin considère Taïwan comme une province renégate, tandis que l’île s’autoproclame souveraine. La Chine, sous la direction du président Xi Jinping, affiche une volonté marquée d’intégrer Taïwan à son territoire, n’excluant pas le recours à la « coercition ». Les États-Unis, malgré l’absence de relations diplomatiques officielles, entretiennent un partenariat commercial étroit avec Taïwan, notamment dans le domaine des semi-conducteurs, se positionnant souvent comme un soutien à l’île.
Cette divergence de vues entre Washington et Taipei pourrait accentuer les tensions déjà palpables dans la région, qui ont été alimentées par des années de guerre tarifaire.