Publié le 2025-11-02 14:37:00. Dix jours à peine après sa nomination, la nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a multiplié les apparitions sur la scène internationale, participant à des sommets majeurs. Ses premières manœuvres diplomatiques, entre affirmation de l’alliance américaine, gestes envers la Corée et dialogue tendu avec la Chine, dessinent déjà les contours de sa politique étrangère.
- Le Premier ministre japonais Sanae Takaichi a marqué de son empreinte une série de rendez-vous diplomatiques clés, incluant des sommets avec la Corée du Sud, les États-Unis et la Chine.
- Ses échanges avec le président américain Donald Trump ont visé à concrétiser des engagements économiques importants.
- Avec la Corée du Sud, une approche de « diplomatie réaliste » a été privilégiée, tandis que les discussions avec la Chine ont révélé des divergences sur des points sensibles.
Depuis sa prise de fonction le 21 octobre, Sanae Takaichi n’a pas ménagé ses efforts. Son agenda diplomatique s’est rapidement rempli : participation au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) dès le 26 octobre, suivie d’une rencontre bilatérale avec le président américain le 28, puis du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) les 30 et 31 octobre. C’est lors de ce dernier événement qu’ont eu lieu les réunions avec les dirigeants sud-coréen et chinois.
Concernant les États-Unis, le Premier ministre Takaichi a mis un point d’honneur à souligner l’engagement du Japon envers les promesses économiques. Elle a ainsi présenté un plan détaillé pour concrétiser l’investissement de 550 milliards de dollars (environ 787 000 milliards de wons) aux États-Unis, une somme promise en contrepartie de la demande américaine concernant la réduction des droits de douane et l’augmentation des dépenses de défense.
Les relations avec la Corée du Sud ont fait l’objet d’une approche mesurée, le Japon réaffirmant son respect des accords passés, notamment ceux relatifs aux victimes des « femmes de réconfort » et à l’indemnisation pour les victimes de mobilisation forcée. Dans un contexte de « diplomatie pragmatique » menée par le président sud-coréen Lee Jae-myung, Sanae Takaichi a prôné une « diplomatie réaliste » afin de préserver des relations cordiales. Le président Lee Jae-myung a d’ailleurs exprimé une certaine surprise, déclarant après leur rencontre : « Après nous être rencontrés et avoir discuté un moment, j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un grand homme politique qui partageait mes réflexions. » Il a ajouté, avec une pointe d’humour, que le Japon avait pu être inquiet de son élection, le percevant comme étant « d’extrême gauche ».
Le dialogue avec la Chine a été plus houleux. Lors de sa première rencontre avec le président Xi Jinping, bien que la notion de « relation stratégique mutuellement bénéfique » ait été évoquée, Sanae Takaichi n’a pas manqué de faire part de ses préoccupations concernant les droits de l’homme à Hong Kong, la souveraineté contestée des îles Senkaku (îles Diaoyu en Chine), ainsi que le contrôle des exportations de terres rares. En retour, le président Xi Jinping a appelé le Japon à « réfléchir à l’histoire de l’invasion », ajoutant une note de tension aux échanges.
Ces premiers pas diplomatiques de Sanae Takaichi ouvrent la voie à des défis persistants. Ainsi, des rapports ont fait état d’une annulation de dernière minute d’un plan de ravitaillement en vol de l’aviation sud-coréenne sur une base japonaise, en raison de différends historiques et territoriaux persistants concernant Dokdo. De son côté, la Chine continuera d’observer attentivement les orientations de la nouvelle cheffe du gouvernement japonais, alors que les dossiers sensibles entre les deux pays restent en suspens.