Home International Takaichi : « Taïwan peut exercer son droit à l’autodéfense collective en cas d’urgence »… Premier Premier ministre du Japon

Takaichi : « Taïwan peut exercer son droit à l’autodéfense collective en cas d’urgence »… Premier Premier ministre du Japon

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Publié le 2025-11-08 09:08:00. Le Premier ministre japonais Sanae Takaichi a ouvert la voie à une interprétation élargie du droit à l’autodéfense collective du Japon, suggérant qu’une crise à Taiwan pourrait constituer une « crise existentielle » justifiant une intervention. Cette déclaration marque un changement notable par rapport aux positions antérieures de ses prédécesseurs.

  • Une situation d’urgence à Taiwan pourrait désormais être considérée comme une « crise existentielle » pour le Japon.
  • Le Premier ministre Takaichi a précisé que le gouvernement examinerait chaque cas individuellement pour déterminer si une intervention est justifiée.
  • Cette nouvelle approche pourrait permettre au Japon d’exercer son droit à l’autodéfense collective dans un contexte de tensions accrues dans le détroit de Taiwan.

Selon un rapport de l’Asahi Shimbun paru le 8 novembre, Sanae Takaichi, figure marquante de l’aile droite japonaise, aurait affirmé qu’une intervention chinoise à Taiwan, notamment un blocus maritime par l’armée américaine, pourrait mener à une « crise existentielle » pour le Japon. Cette déclaration, faite la veille lors d’une réunion de la commission du budget de la Chambre des représentants, ouvre la porte à une application potentiellement plus large du droit à l’autodéfense collective du Japon.

Interrogé par Katsuya Okada, du principal parti d’opposition, le Parti constitutionnel démocrate, sur la possibilité d’une intervention en cas de crise à Taiwan, le Premier ministre Takaichi a déclaré : « Si l’armée américaine lève le blocus maritime, nous pouvons supposer une situation dans laquelle (la Chine) utilisera une sorte de force pour l’arrêter. […] Cela ne peut pas être considéré comme une crise existentielle si des navires civils sont alignés et qu’il est difficile de passer, mais dans une situation de guerre, si la mer est bloquée et que des drones volent, les opinions peuvent être différentes. » Il a ajouté que le gouvernement synthétiserait toutes les informations disponibles pour prendre une décision en fonction des circonstances spécifiques de chaque incident.

Le Japon a vu son droit à l’autodéfense collective élargi suite à la promulgation et à la révision de lois relatives à la sécurité en 2016. Cela lui permet notamment de fournir un soutien logistique aux forces américaines. Cependant, jusqu’à présent, l’intervention directe en cas d’invasion de Taiwan par la Chine était jugée complexe, notamment en raison du délai d’une semaine généralement nécessaire pour qualifier une situation de menace pour le Japon (crise existentielle) et de la nécessité d’obtenir l’approbation du parlement pour déployer les Forces d’autodéfense.

La notion de « crise existentielle » fait référence à une situation où la sécurité du Japon est menacée en raison de l’attaque d’un pays ou d’une région étroitement liée, même sans attaque directe contre le territoire japonais. Si une telle crise est reconnue, le droit à l’autodéfense collective peut être activé.

Bien que le gouvernement japonais ait estimé en interne qu’une attaque contre Taiwan pourrait être qualifiée de crise existentielle, cette position n’avait jamais été officiellement articulée par un Premier ministre sortant, selon l’Asahi Shimbun. L’ancien Premier ministre Fumio Kishida, en février de l’année précédente, avait déjà évasé la question, déclarant qu’il était difficile de donner une réponse uniforme sans examiner les informations collectées. En 2015, lors de l’adoption des lois sur la sécurité, l’ancien Premier ministre Shinzo Abe avait cité l’exemple du déminage dans le détroit d’Ormuz comme illustration d’une crise existentielle. Sanae Takaichi est souvent considéré comme un héritier politique de Shinzo Abe.

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