Home Économie Taxis en Russie : bientôt seulement Lada et Moskvich ?

Taxis en Russie : bientôt seulement Lada et Moskvich ?

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Publié le 26 octobre 2025. La Russie s’apprête à révolutionner son secteur des taxis avec une nouvelle loi imposant l’utilisation exclusive de véhicules assemblés localement à partir de mars 2026. L’objectif affiché est de stimuler l’industrie automobile nationale, mais cette mesure soulève des questions quant à sa mise en œuvre et son impact sur les chauffeurs.

Un marché du taxi en pleine mutation

À compter du 1er mars 2026, la Russie imposera que seuls les véhicules assemblés sur son territoire puissent être utilisés comme taxis. Cette décision, prise par le ministère de l’Industrie et du Commerce, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la production automobile nationale. Cette « localisation » concerne aussi bien la fabrication des véhicules que celle de leurs composants sur le sol russe.

Cette nouvelle réglementation s’applique aux véhicules destinés aux services de taxi, ainsi qu’à ceux acquis pour des usages étatiques et municipaux. Elle impose également que les véhicules aient été produits dans le cadre de « contrats d’investissement spéciaux » sur le territoire de la Fédération de Russie. En pratique, cela signifie que seuls les modèles russes ou les véhicules étrangers assemblés en Russie, avec un taux de localisation significatif, seront autorisés.

## La Lada en première ligne, mais des interrogations subsistent

Une liste provisoire des modèles éligibles a été dévoilée, comprenant plus de 20 véhicules issus de six constructeurs. La marque historique Lada domine cette liste avec plusieurs de ses modèles phares : Granta, Iskra, Vesta, Aura, Largus, Niva Legend et Niva Travel. D’autres constructeurs russes comme UAZ (avec les modèles Patriot et Hunter) et Sollers (avec la minifourgonnette SP7, basée sur un modèle chinois) sont également représentés.

Le secteur des véhicules électriques et hybrides n’est pas en reste, avec la présence des marques Evolute (i-PRO, i-JOY, i-SKY, i-JET, i-SPACE) et Voyah (Free, Dream, Passion). Ces modèles sont assemblés en Russie par le constructeur automobile Automobili Investment dans son usine de l’oblast de Lipetsk. La marque Moskvitch, dont la production a repris en 2022 dans l’ancienne usine Renault de l’oblast de Moscou, est également présente avec les modèles 3, 3e, 6 et 8.

Toutefois, des zones d’ombre persistent. La liste ne mentionne pas le constructeur chinois Haval, dont l’usine située près de Toula est une source d’approvisionnement importante pour le marché russe. Le Haval Jolion, l’un des véhicules étrangers les plus vendus en Russie, pourrait donc se retrouver exclu, malgré sa production locale. De plus, l’intégration de certains véhicules moins adaptés à un usage intensif de taxi, comme la Lada Niva Legend trois portes ou le UAZ Hunter, soulève des interrogations pratiques.

## Défis et impacts pour le secteur

L’objectif principal de cette loi est clair : réduire la dépendance de l’industrie automobile russe vis-à-vis des constructeurs étrangers, un enjeu d’autant plus crucial dans le contexte actuel des sanctions. Elle vise également à encourager les constructeurs chinois à délocaliser leur production en Russie.

À court terme, cependant, la transition s’annonce complexe. La disponibilité des véhicules locaux pourrait être limitée, et une augmentation des prix est à prévoir. En 2025, les modèles les plus populaires auprès des chauffeurs de taxi incluent la Lada Vesta, la Hyundai Solaris, la Skoda Octavia, la Kia Rio, ainsi que les Geely Coolray et Volkswagen Polo. La transition vers des modèles locaux imposera des ajustements significatifs pour les professionnels du secteur.

Les véhicules étrangers déjà en circulation comme taxis pourront continuer à opérer jusqu’à l’expiration de leur licence actuelle, mais celle-ci n’excède pas cinq ans. Certaines régions bénéficient de délais supplémentaires : les régions de l’Extrême-Orient jusqu’au 1er mars 2030, et celles des districts fédéraux de Sibérie et de Kaliningrad jusqu’au 1er mars 2028.

Les experts prévoient que de nombreux chauffeurs indépendants pourraient être contraints de quitter le marché, faute de pouvoir acquérir un véhicule conforme aux nouvelles exigences. Une partie pourrait également continuer à exercer leur activité de manière informelle. En outre, le coût accru des nouveaux véhicules nationaux risque de se répercuter sur les tarifs des courses, rendant les services de taxi plus onéreux pour les passagers. L’évolution de cette situation reste à observer dans les mois et années à venir.

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