Publié le 20 février 2024 à 06h30. Alors que les tensions s’intensifient au Moyen-Orient, l’administration Trump maintient une posture ferme envers l’Iran, assortie de menaces voilées et d’un déploiement militaire accru dans la région, tout en laissant la porte ouverte à des négociations.
- Donald Trump affirme que des discussions avec l’Iran sont en cours, mais exige un accord « significatif » pour éviter une escalade.
- Le renforcement militaire américain au Moyen-Orient inquiète, tandis que la Russie intensifie sa coopération militaire avec Téhéran.
- Les négociations sur le programme nucléaire iranien restent bloquées, les États-Unis et l’Iran maintenant des positions divergentes.
Dans un contexte de tensions croissantes, le président américain Donald Trump a réaffirmé sa position ferme envers l’Iran, tout en signalant des pourparlers en cours. « Vous le découvrirez probablement dans les 10 prochains jours », a-t-il déclaré, sans fournir de détails supplémentaires, lors de la première réunion de son Conseil pour la paix à Washington. Cette déclaration intervient alors que les États-Unis ont massivement renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient, suscitant des craintes d’une confrontation plus large.
M. Trump a rappelé les frappes aériennes américaines de juin dernier, affirmant qu’elles avaient « décimé » le potentiel nucléaire iranien, tout en laissant planer la possibilité d’actions supplémentaires. « Nous devrons peut-être aller plus loin, ou pas », a-t-il ajouté.
Les menaces américaines, conjuguées à l’impasse des négociations sur le programme nucléaire iranien, ont contribué à la hausse des prix du pétrole. Parallèlement, une corvette de guerre russe a rejoint jeudi des exercices navals iraniens prévus dans le golfe d’Oman, une voie maritime stratégique pour l’énergie mondiale.
Les négociateurs iraniens et américains se sont rencontrés mardi et ont convenu de « principes directeurs », selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Cependant, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a souligné mercredi que des désaccords subsistent sur des questions clés.
« On ne peut pas avoir la paix au Moyen-Orient s’ils ont l’arme nucléaire. »
Donald Trump, président des États-Unis
Un haut responsable américain a indiqué que l’Iran devrait prochainement présenter une proposition écrite concernant les préoccupations américaines. M. Trump a appelé Téhéran à rejoindre les États-Unis sur la voie de la paix, insistant sur le fait que l’Iran ne doit pas se doter de l’arme nucléaire.
L’Iran continue de résister à toute concession majeure sur son programme nucléaire, affirmant qu’il est destiné à des fins pacifiques. Les États-Unis et Israël accusent régulièrement Téhéran de chercher à développer une bombe nucléaire.
Signe d’une inquiétude croissante, la Pologne a exhorté jeudi ses citoyens à quitter l’Iran, le Premier ministre Donald Tusk estimant qu’ils n’auraient que quelques heures pour évacuer.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, rencontrera le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le 28 février pour discuter de la situation en Iran, a précisé un haut responsable américain.
Washington souhaite que l’Iran abandonne complètement l’enrichissement de l’uranium, un processus essentiel pour la production de combustible nucléaire, mais qui peut également servir à la fabrication d’armes. Les États-Unis et Israël exigent également que l’Iran renonce à ses missiles balistiques à longue portée, cesse de soutenir des groupes armés au Moyen-Orient et mette fin à la répression des manifestations internes.
L’Iran a déclaré qu’il refuserait de discuter de toute question allant au-delà du dossier nucléaire, considérant toute tentative de limiter son arsenal de missiles comme une ligne rouge.
« L’exercice conjoint de l’Iran avec la Russie s’inscrit dans une longue série d’exercices navals iraniens. »
Des images satellites ont révélé des travaux de réparation et de fortification des sites nucléaires iraniens depuis l’été dernier, ainsi que des préparatifs dans les bases militaires américaines au Moyen-Orient au cours du mois dernier. L’exercice conjoint entre l’Iran et la Russie, illustré par des images de troupes des forces spéciales déployées, intervient dans un contexte de tensions accrues. Des avertissements de tir de roquettes ont été émis aux pilotes dans la région, suggérant la possibilité de tirs de missiles anti-navires lors de cet exercice.
Par ailleurs, des tensions internes persistent en Iran, où des cérémonies commémoratives en l’honneur des manifestants tués lors de la répression des protestations se sont déroulées, malgré les menaces des autorités.