Téhéran se prépare à des restrictions d’eau drastiques. Face à sa pire sécheresse en plusieurs décennies, la capitale iranienne pourrait voir son approvisionnement coupé par intermittence dès ce samedi 8 novembre 2025. Les autorités tirent la sonnette d’alarme, craignant une crise sans précédent pour ses 10 millions d’habitants.
Les chiffres officiels sont sans appel : les précipitations à Téhéran ont atteint leur plus bas niveau en un siècle cette année. La moitié des provinces iraniennes subissent également une aridité prolongée depuis des mois. Pour pallier cette situation critique, le gouvernement a décidé de mettre en place des coupures d’eau régulières dans la capitale. Des médias locaux rapportent déjà que certaines régions ont connu des pénuries nocturnes.
« Cela permettra d’éviter le gaspillage, même si cela peut causer des désagréments », a déclaré le ministre iranien de l’Énergie, Abbas Ali Abadi, sur la télévision d’État. La gravité de la crise a conduit le président Massoud Pezeshkian à lancer un avertissement solennel. Lors d’une allocution télévisée vendredi 7 novembre 2025, il a évoqué la possibilité d’une évacuation de Téhéran si aucune pluie salvatrice ne se manifestait avant la fin de l’année, sans toutefois détailler les modalités d’une telle opération d’envergure.
La situation des réservoirs est particulièrement préoccupante. Le barrage d’Amir Kabir, l’un des cinq principaux fournisseurs d’eau de la capitale, est pratiquement asséché. Il ne contiendrait plus que 14 millions de mètres cubes, contre 86 millions à la même période l’an dernier, selon Behzad Parsa, directeur général de la compagnie des eaux de Téhéran, cité par l’agence officielle IRNA. Cette réserve ne suffirait désormais qu’à alimenter la région de Téhéran pour moins de deux semaines.
Les images diffusées samedi 8 novembre 2025 par la télévision d’État témoignent de la décrue des niveaux d’eau dans plusieurs barrages cruciaux, notamment ceux desservant Ispahan et Tabriz. À Machhad, deuxième ville du pays, des coupures d’eau nocturnes sont également envisagées pour faire face à la pénurie, comme l’a indiqué Hassan Hosseini, député de la ville, à l’agence IRNA jeudi 6 novembre 2025.
Cette crise hydrique s’inscrit dans un contexte déjà tendu. Durant l’été, en juillet et août, deux jours fériés avaient déjà été décrétés à Téhéran afin de préserver les ressources en eau et en énergie, alors que des coupures de courant étaient devenues quasi quotidiennes face à une canicule intense.