Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une étude de la Banque de réserve fédérale de Cleveland révèle un changement majeur sur le marché du travail américain : l’avantage traditionnel des diplômés universitaires dans la recherche d’emploi s’amenuise, un phénomène qui dépasse les conséquences de la pandémie.
- L’écart de chômage entre les jeunes diplômés du secondaire et ceux de l’université est au plus bas depuis la fin des années 1970.
- La demande d’emploi est passée d’une croissance favorisant les diplômés universitaires à une croissance neutre en matière d’éducation après l’an 2000.
- Malgré ces difficultés initiales, les diplômés universitaires conservent certains avantages sur le marché du travail.
Pendant des décennies, un diplôme universitaire a été considéré comme un atout majeur pour accéder à l’emploi, réduire le chômage et augmenter les revenus. Cependant, cette réalité a commencé à évoluer autour de l’an 2000, et les effets de cette transformation se font sentir pleinement aujourd’hui. Une nouvelle recherche menée par Alexander Cline et Barış Kaymak, de la Banque de réserve fédérale de Cleveland, met en lumière ce changement profond du marché du travail américain.
L’étude, basée sur l’analyse de près de 50 ans de données, révèle que les forces économiques qui favorisaient autrefois les travailleurs diplômés de l’université ont évolué. La croissance de la demande de main-d’œuvre, qui était auparavant fortement orientée vers les diplômés, est devenue « neutre sur le plan de l’éducation » après l’an 2000. Cela signifie que l’éducation n’est plus le facteur déterminant qu’elle était auparavant dans l’accès à l’emploi.
Les chercheurs soulignent que l’écart de chômage entre les jeunes diplômés du secondaire et ceux de l’université a atteint son niveau le plus bas depuis la fin des années 1970. Ce n’est pas seulement un effet de la pandémie de COVID-19, mais une tendance de fond qui s’observe depuis plusieurs années.
Cependant, l’étude nuance l’idée que les diplômes universitaires n’ont plus d’importance. Les diplômés conservent des avantages, même s’ils rencontrent plus de difficultés à trouver un premier emploi. La recherche documente donc des changements importants dans la relation entre l’éducation et les résultats sur le marché du travail au cours des dernières décennies, soulevant des questions cruciales sur l’évolution du travail, de l’éducation et des opportunités économiques.
Barış Kaymak, conseiller économique et politique à la Banque de réserve fédérale de Cleveland, présentera les conclusions de cette étude et répondra aux questions du public. Plus d’informations sur Barış Kaymak sont disponibles sur le site de la Banque de réserve fédérale de Cleveland.