Publié le 11 février 2024 à 00:47. Cuba fait face à une crise énergétique aiguë, marquée par des pénuries de carburant et des restrictions sévères, exacerbée par les sanctions américaines et des difficultés d’approvisionnement.
- Des mesures d’urgence ont été décrétées, incluant la réduction des transports publics, le rationnement du carburant et le passage au télétravail.
- Plusieurs compagnies aériennes, dont Air Canada, ont suspendu leurs vols vers l’île, tandis que d’autres prévoient des escales supplémentaires pour le ravitaillement.
- Des dirigeants internationaux, dont Lula da Silva et le pape François, ont exprimé leur inquiétude face à la situation.
La situation à Cuba s’est considérablement détériorée ces derniers jours, plongeant la population dans une crise énergétique sans précédent. Lundi, le gouvernement cubain a mis en œuvre une série de mesures d’urgence pour faire face à une pénurie de carburant qui menace de paralyser le pays. Ces mesures comprennent la restriction des ventes de carburant, la réduction des services de bus et de train, la fermeture temporaire de certaines entreprises publiques, et l’incitation au télétravail, avec une semaine de travail réduite à quatre jours (du lundi au jeudi).
La Havane, habituellement animée, a vu son trafic routier considérablement diminuer. Les habitants, déjà habitués aux coupures de courant quotidiennes, aux pénuries de biens de première nécessité et à une inflation galopante, expriment leur inquiétude face à cette nouvelle épreuve. La situation est d’autant plus préoccupante que Cuba subit un embargo commercial imposé par les États-Unis depuis 1962.
Le président brésilien, Lula da Silva, a réaffirmé la solidarité de son pays avec le peuple cubain lors de la célébration des 46 ans du Parti des Travailleurs (PT).
« Notre pays est solidaire du peuple cubain. En tant que parti, nous devons trouver une façon d’aider. »
Lula da Silva, président du Brésil
Le Souverain Pontife, le pape François, a également exprimé sa grande inquiétude
face aux tensions entre Cuba et les États-Unis. De son côté, l’Organisation des Nations unies (ONU) suit de près la situation et s’efforce de fournir un soutien accru, notamment en matière de nourriture, d’eau, d’assainissement et de soins médicaux. L’ONU s’est dite préoccupée par la pénurie croissante de carburant et son impact sur la population.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a accusé Washington de chercher à briser la volonté politique des Cubains
. Il a déclaré que l’objectif des États-Unis est comme toujours, de briser la volonté politique des Cubains
. Le vice-premier ministre, Oscar Pérez-Oliva Fraga, a souligné que les mesures d’urgence visent à promouvoir la production alimentaire et électrique, ainsi qu’à protéger les activités génératrices de devises, en particulier le secteur du tabac.
Plusieurs compagnies aériennes ont déjà pris des mesures pour faire face à la situation. Air Canada a annoncé la suspension de ses vols vers Cuba et prévoit d’envoyer des avions vides pour rapatrier environ 3 000 clients. D’autres compagnies, comme Air France, Iberia et Air Europa, ont annoncé qu’elles feraient des escales supplémentaires pour ravitailler leurs avions dans d’autres pays des Caraïbes.
Le secteur du tourisme, déjà fragilisé par la crise économique que traverse Cuba depuis six ans, devrait être durement touché par ces restrictions, réduisant davantage les entrées de devises étrangères. Les utilisateurs de taxis privés ont constaté une augmentation significative des tarifs.
La situation est aggravée par la cessation des livraisons de pétrole du Venezuela, dont le président, Nicolas Maduro, a été confronté à des pressions politiques. De plus, l’administration de Donald Trump avait menacé d’imposer des droits de douane aux pays fournissant du pétrole à La Havane. Selon les experts en surveillance du transport maritime, aucun pétrolier étranger n’est arrivé à Cuba depuis plusieurs semaines.
Le Mexique, qui fournissait également du pétrole brut à Cuba, négocie avec Washington pour rétablir l’approvisionnement sans subir de représailles. Dimanche, le Mexique a envoyé deux navires transportant plus de 800 tonnes d’aide humanitaire. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a dénoncé comme très injuste
les menaces américaines d’imposer des taxes aux pays fournissant du pétrole à Cuba.
Moscou a également accusé Washington d’appliquer des mesures étouffantes
.
« La situation à Cuba est vraiment critique. Nous étudions les solutions possibles avec nos amis cubains. »
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin
L’île, qui compte 9,6 millions d’habitants, est confrontée à une grave crise économique depuis des années, exacerbée par l’embargo américain et les difficultés d’approvisionnement en matières premières essentielles.