Publié le 13 février 2024 01:56:00. Une nouvelle tension s’ajoute aux relations déjà fragiles entre le Japon et la Chine, après la saisie d’un navire de pêche chinois et l’arrestation de son capitaine en mer Orientale. Cet incident, survenu dans la zone économique exclusive japonaise, intervient dans un contexte de désaccords territoriaux et de tensions géopolitiques croissantes.
- Le Japon a saisi un bateau de pêche chinois après qu’il a ignoré un ordre d’inspection.
- Le capitaine du navire a été arrêté et onze personnes se trouvaient à bord.
- Cet incident survient alors que les relations entre Tokyo et Pékin sont déjà tendues, notamment en raison de la question de Taïwan.
L’Agence japonaise des pêches a annoncé la saisie du navire et l’arrestation de son capitaine, un citoyen chinois de 47 ans. Les faits se sont déroulés à environ 165 kilomètres au sud-sud-ouest de l’île de Meshima, au large de la préfecture de Nagasaki. Selon les autorités japonaises, un inspecteur a demandé au navire de s’arrêter pour un contrôle de routine, mais ce dernier a refusé et a tenté de s’échapper.
« Le capitaine du navire a reçu l’ordre de s’arrêter pour une inspection, mais il n’a pas obéi à l’ordre et s’est enfui. En conséquence, le capitaine a été arrêté le même jour », a précisé l’agence dans un communiqué. Le bateau de pêche a été formellement saisi et une procédure judiciaire a été engagée pour déterminer les responsabilités dans cette infraction aux règles de contrôle en eaux japonaises.
Il s’agit de la première saisie d’un bateau de pêche chinois depuis 2022 dans le cadre des opérations de contrôle régulières menées par le Japon dans ses eaux territoriales. L’année dernière, des navires de Taïwan et de Corée du Sud avaient également été interceptés pour des motifs similaires.
Cet incident se produit à un moment particulièrement délicat pour les relations sino-japonaises. Depuis fin 2023, les tensions se sont accrues suite aux déclarations de Sanae Takaichi, ministre japonais, qui a affirmé que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine tentait de prendre Taïwan par la force. Pékin a interprété ces propos comme une ingérence inacceptable dans ses affaires intérieures, notamment concernant la question de Taïwan, dont la Chine revendique la souveraineté.
Les frictions entre les deux pays ne se limitent pas à la question taïwanaise. Le Japon et la Chine entretiennent un conflit territorial de longue date concernant les îles Senkaku (appelées Diaoyu par la Chine), administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin. Cette zone est régulièrement le théâtre d’incidents impliquant des navires officiels, des bateaux de pêche et des patrouilles maritimes.
En réaction aux déclarations du Premier ministre japonais concernant Taïwan, la Chine a convoqué l’ambassadeur du Japon à Pékin, a mis en garde ses citoyens contre les voyages en Asie et a organisé des manœuvres aériennes conjointes avec la Russie. Le Japon a également signalé que des avions de combat chinois avaient récemment verrouillé leurs radars sur des avions japonais au-dessus des eaux internationales près d’Okinawa.
Parallèlement, Pékin a renforcé les contrôles sur les exportations vers le Japon de produits susceptibles d’avoir une application militaire, suscitant des inquiétudes à Tokyo concernant son approvisionnement en minéraux stratégiques.
Malgré ces tensions, la Première ministre japonaise s’est dite « ouverte à divers dialogues avec la Chine ». Cependant, le régime chinois a réagi avec fermeté. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré : « Un véritable dialogue doit être basé sur le respect mutuel. Proclamer le dialogue tout en agissant de manière conflictuelle n’est pas quelque chose qui peut être accepté. »
(Avec informations de l’AFP)