Publié le 2 octobre 2023 10:00. Tesla a dévoilé des chiffres de livraison trimestriels record, dépassant les attentes des analystes. Cependant, la réaction du marché boursier est restée mesurée, reflétant une prudence face aux défis futurs.
- Tesla a livré 497 099 véhicules au troisième trimestre 2023, surpassant les 443 919 unités prévues.
- Cette performance historique est en partie attribuée à l’incitation fiscale américaine de 7 500 $ pour les voitures électriques, dont la date limite approchait.
- Malgré ces excellents résultats, le cours de l’action a connu une légère baisse, signe d’un marché déjà anticipatif.
Le constructeur de véhicules électriques a ainsi enregistré son meilleur trimestre de vente récent, propulsé par une forte demande aux États-Unis avant la fin de l’éligibilité au crédit d’impôt fédéral. Ce dispositif, d’une valeur de 7 500 $, encourageait l’achat de voitures électriques jusqu’au 30 septembre.
La réaction des investisseurs, cependant, fut plus tempérée que l’euphorie attendue. Après une ouverture prometteuse, l’action Tesla a vu sa trajectoire s’inverser pour finir en léger repli. Ce comportement s’explique par la dynamique du mois de septembre, durant lequel le titre avait déjà progressé de 31 %, les marchés ayant apparemment intégré des prévisions de résultats encore plus favorables. On retrouve ici le schéma classique du « rumeur, vendez la nouvelle » : les résultats surpassent les attentes, mais arrivent sur un marché déjà surchauffé par les anticipations.
Au-delà des chiffres de livraison, plusieurs interrogations persistent quant à l’avenir. L’effet du crédit d’impôt américain, bien que bénéfique pour le trimestre écoulé, pourrait laisser un vide dans les derniers mois de l’année. La direction de Tesla elle-même a évoqué la perspective de « quelques quartiers difficiles » à l’horizon, anticipant une pression sur les marges due aux remises et aux incitations commerciales. De surcroît, l’évolution des réglementations environnementales aux États-Unis, potentiellement révisées, pourrait réduire le flux de crédits réglementaires qui ont, par le passé, soutenu les comptes de l’entreprise.
Elon Musk, un empire personnel en pleine expansion
Parallèlement, le cours de cette journée est marqué par un record personnel pour Elon Musk. Selon les estimations de Forbes, le PDG et actionnaire principal de Tesla est devenu le premier individu à franchir la barre des 500 milliards de dollars de fortune nette, avant de légèrement redescendre à 499,1 milliards à la clôture. Sa richesse est étroitement liée à sa participation dans Tesla (environ 12 % du capital), mais aussi à la valorisation fulgurante de sa société spatiale SpaceX, désormais estimée à 400 milliards de dollars, et de sa jeune entreprise d’intelligence artificielle Xai, qui viserait une levée de fonds valorisant l’entreprise à 200 milliards de dollars.
Tesla, pour sa part, a récemment présenté une nouvelle proposition de rémunération pour Elon Musk, dont la valeur potentielle pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars. Ce dispositif, le plus important jamais envisagé pour un dirigeant d’entreprise, sera soumis au vote des actionnaires lors de la prochaine assemblée générale. Il conditionne les bonus à l’atteinte d’objectifs de croissance exceptionnels. Pour ses partisans, cette mesure garantit le maintien de la focalisation de Musk sur le succès de l’entreprise. Pour ses détracteurs, elle est jugée disproportionnée et risquée. Quoi qu’il en soit, ce plan a contribué à renforcer l’optimisme des investisseurs (déjà stimulé par l’annonce d’un achat d’actions Tesla par Musk lui-même pour un milliard de dollars à la mi-septembre), et à propulser la capitalisation boursière de l’entreprise vers des sommets annuels (1,53 billion de dollars) et à proximité de son record historique du 17 décembre 2024 (1,54 billion de dollars à 479,86 dollars par action).