Le film *Super Mario Bros.* sorti en 1993, bien qu’ayant été un échec commercial retentissant, demeure une œuvre marquante grâce à son identité singulière, contrastant avec la perfection technique des adaptations cinématographiques récentes.
Alors que les productions modernes, telles que *The Super Mario Bros. Movie* et *The Super Mario Galaxy Movie*, privilégient un rendu visuel soigné, le long-métrage de 1993 se distingue par une approche radicalement différente. Ce « désastre visionnaire » continue d’être analysé bien après la sortie des produits dérivés les plus aboutis, précisément en raison de sa nature atypique.
L’intrigue du film s’éloigne volontairement de l’univers habituel de la franchise. Le récit imagine un monde où l’astéroïde responsable de l’extinction des dinosaures ne les aurait pas anéantis, mais aurait projeté ces créatures dans une dimension parallèle. Ces dernières y auraient évolué pour bâtir une dystopie cyberpunk. Dans ce contexte, le dictateur King Koopa, interprété par Dennis Hopper, cherche à obtenir une pierre précieuse magique pour permettre à son armée de Goombas d’envahir le monde humain. Pour contrer ce plan, les frères Mario (joués par Bob Hoskins et John Leguizamo), la princesse Daisy (Samantha Mathis) et Toad (Mojo Nixon) doivent s’unir.
Toutefois, l’ambition visuelle du projet a été entachée par une production chaotique. Le climat sur le plateau était délétère, au point que les membres de l’équipe et du casting se sont détestés, les acteurs principaux qualifiant même cette expérience de pire décision de leur carrière. Le résultat final, dont le scénario semblait être un assemblage d’idées simplement renommées avec le lexique de Mario, se rapprochait davantage de l’esthétique de *Max Headroom* que de celle du jeu vidéo original.
Cette collaboration conflictuelle a également marqué les relations entre le studio et l’éditeur du jeu. Il a été rapporté que Nintendo avait soumis une liste de demandes qui ont été totalement ignorées par la production. Ce traumatisme cinématographique expliquerait pourquoi Nintendo a longtemps évité Hollywood, ne revenant vers le grand écran qu’en 2019 avec le film *Detective Pikachu*.