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Tilly Norwood : profession IActrice | Revue Philosophie

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Publié le 2025-10-26 05:53:00. L’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs numériques soulève des questions éthiques et artistiques. Présentée au Festival du Film de Zurich, Tilly Norwood, une « iActrice », pourrait bien bouleverser le paysage cinématographique.

  • Tilly Norwood, une actrice virtuelle, a été dévoilée au Festival du Film de Zurich par Eline Van der Velden, la dirigeante de Particle6 Productions.
  • Bien que sa créatrice assure qu’elle ne vise pas à remplacer les acteurs humains, des agences artistiques seraient déjà intéressées par son recrutement.
  • L’IA affirme avoir des ambitions de star, souhaitant décrocher des premiers rôles et interroger les formes de célébrité des intelligences artificielles.

Le monde du cinéma pourrait bientôt assister à l’ascension de sa première véritable star artificielle. Tilly Norwood, une « iActrice » conçue pour performer, a été présentée lors du dernier Festival du Film de Zurich par Eline Van der Velden, la patronne de Particle6 Productions. Si la perspective d’une actrice virtuelle capable de tout jouer, des combats de monstres aux explosions, suscite déjà des inquiétudes quant à l’avenir des comédiens humains, sa créatrice se veut rassurante.

« Tilly ne remplace pas un être humain », a déclaré Van der Velden. Pourtant, elle a également révélé être en discussion avec des agences artistiques potentiellement intéressées par l’embauche de cette nouvelle venue. Sur son compte Instagram, Tilly n’hésite pas à vanter ses mérites : « En vingt secondes, j’ai combattu des monstres, échappé à des explosions, vendu une voiture […] Trouve-toi une actrice qui sache faire tout cela. » Ses ambitions sont claires : si les doublures numériques anonymes sont monnaie courante, Tilly vise les premiers rôles et aspire à devenir une véritable star. « Pourquoi ne pas imaginer des formes de célébrité des IA ? » s’interroge le philosophe Jim Gabaret.

Dans son ouvrage à paraître, « L’Art des IA » (PUF, 2025), Jim Gabaret souligne que certaines intelligences artificielles se font déjà un nom dans l’art contemporain. Mais Tilly a-t-elle réellement le potentiel pour devenir une icône du cinéma ? Entièrement programmable, re-texturable et duplicable, l’IA peut changer d’apparence à l’infini. Elle ne joue pas tant un rôle qu’elle ne devient ce qu’on lui demande d’être. Si un acteur humain répond à un scénario, ses interprétations, ses gestes et ses intonations imprévues apportent une touche personnelle à l’œuvre. Tilly, en revanche, semble vouée à une exécution mécanique. Comme le note Gabaret, « le sceptique dira que sans commande humaine, les IA ne produisent rien et qu’elles ne sont pas artistes mais des outils pour la production d’œuvres ».

Pourtant, il est possible de nuancer cette affirmation. L’IA, à sa manière, crée également pour combler les lacunes des instructions souvent partielles qu’elle reçoit. Dès lors, on peut se demander si son résultat, bien qu’imprévisible pour l’utilisateur, ne fait pas de ce dernier un simple commanditaire d’une machine artiste, à l’instar du pape commanditant Michel-Ange pour la Chapelle Sixtine.

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