Publié le 2025-10-30 16:03:00. L’acteur Colin Farrell a révélé lors d’une interview télévisée avoir eu besoin de près de 50 prises pour une seule réplique sur le tournage de « Minority Report », l’incident ayant provoqué la colère de Tom Cruise, sa co-star, connu pour son professionnalisme irréprochable.
Colin Farrell a partagé une anecdote marquante de sa carrière, détaillant l’un des pires jours passés sur un plateau de tournage. Alors qu’il tournait dans le drame de science-fiction de Steven Spielberg, « Minority Report », en 2002, l’acteur avoue avoir été sous l’emprise de l’alcool, et même encore les effets de la veille. Cette situation a nécessité pas moins de 46 tentatives pour réussir à prononcer une seule phrase de dialogue, une performance qui a visiblement agacé Tom Cruise.
« Minority Report », adapté de la nouvelle de Philip K. Dick, met en scène Colin Farrell dans le rôle d’un agent du ministère de la Justice chargé d’enquêter sur un programme de prédiction des meurtres, tandis que Tom Cruise interprète un chef de l’unité « Précrime » accusé d’un crime qu’il n’a pas encore commis. Paradoxalement, le personnage de Farrell est censé être entièrement sobre dans le film.
L’acteur, dont l’anniversaire est le 31 mai, avait pourtant demandé à ne pas travailler ce jour-là. Mais le destin en a décidé autrement, le convoquant dès 6h du matin. « J’avais fait toutes sortes de bêtises la nuit précédente », a confié Farrell à Stephen Colbert, animateur de l’émission. « Je me souviens m’être couché, et dès que j’ai éteint la lumière, le téléphone a sonné. C’était le chauffeur devant ma porte, disant : ‘Il est six heures dix’. J’ai tout de suite compris : ‘Oh merde.' »
Malgré l’état d’ébriété évident, l’équipe de production a tenté de le faire jouer. Un assistant réalisateur lui aurait même signifié son incapacité à tourner dans de telles conditions. Optimiste, Farrell aurait alors répondu : « Donnez-moi juste six Pacifico Cervezas et un paquet de 20 Marlboro Reds. » Fortifié par cette « aide », il s’est présenté sur le plateau.
La phrase qui lui a posé tant de problèmes était pourtant cruciale pour lancer la scène : « Je suis sûr que vous avez tous compris le paradoxe fondamental de la méthodologie pré-crime. » Après de nombreuses prises, il a finalement réussi à la prononcer, mais pas sans conséquences. « Tom n’était pas très content de moi », a avoué l’acteur.
Ce n’est que trois ans après cet épisode que Colin Farrell a décidé de suivre une cure de désintoxication pour traiter son addiction à l’alcool et aux drogues. Il a réitéré cette démarche en 2018, la qualifiant de « mesure préventive ».
Dans l’actualité, Colin Farrell est à l’affiche de son dernier film, « Ballad of a Small Player », où il incarne un joueur professionnel de haut vol se dissimulant dans les casinos de Macao.
L’incident rappelle d’autres cas d’acteurs ayant eu recours à l’alcool ou à d’autres substances pour se glisser dans la peau de leurs personnages, dans une démarche parfois qualifiée de « méthode ». On peut citer Fred Astaire, qui aurait tourné sa scène de danse ivre dans « Holiday Inn » après avoir consommé sept whiskies, Robert Shaw, dont l’état d’ébriété avant son monologue culte dans « Les Dents de la mer » a nécessité qu’il soit transporté sur le plateau, ou encore Nicolas Cage dans « Leaving Las Vegas », où il interprète un alcoolique autodestructeur.
Billy Bob Thornton, pour son rôle de Père Noël alcoolique dans « Bad Santa », a également expliqué avoir eu recours à la boisson : « J’ai bu environ trois verres de vin rouge au petit-déjeuner… Puis je suis passé à la vodka et au jus de canneberge, avant de boire quelques Bud Light. Au moment de tourner la scène, je savais à peine que j’étais dans un film. »
À l’opposé, Harrison Ford et Carrie Fisher ont une approche différente, ayant tourné des scènes de « L’Empire contre-attaque » après une nuit de fête avec Eric Idle et les Rolling Stones. Carrie Fisher s’est remémorée : « Je me souviens que nous ne nous sommes jamais endormis, donc nous n’avions pas la gueule de bois – nous étions encore ivres lorsque nous sommes arrivés à Cloud City le lendemain. Nous ne souriions pas vraiment beaucoup dans le film, mais là, nous souriions. »
Tom Cruise, quant à lui, est l’incarnation même du professionnalisme et de la discipline. En 2020, une fuite audio avait révélé l’acteur réprimandant violemment des membres de l’équipe du septième volet de « Mission: Impossible » pour avoir enfreint les règles de distanciation sociale, potentiellement dangereuses pour la production en période de pandémie de COVID-19. Dans cet enregistrement, Cruise s’était montré particulièrement sévère :
« Nous sommes la référence. Ils sont là-bas à Hollywood pour faire des films en ce moment grâce à nous. Parce qu’ils croient en nous et en ce que nous faisons. Je suis au téléphone avec tous les putains de studios la nuit, les compagnies d’assurance, les producteurs et ils nous regardent et nous utilisent pour faire leurs films. Nous créons des milliers d’emplois, bande d’enfoirés. Je ne veux plus jamais revoir ça. Jamais ! »
L’acteur avait par la suite défendu son emportement, soulignant l’importance de la continuité de la production : « J’ai dit ce que j’ai dit. Il y avait beaucoup d’enjeux à ce moment-là. »