Ténérife, destination prisée pour son climat et ses paysages, voit son image ternie par des heures d’attente à l’aéroport de Tenerife Sud. Des milliers de vacanciers, notamment britanniques, se retrouvent bloqués aux contrôles de passeport, une situation dénoncée par les professionnels du tourisme et les élus locaux.
Les files d’attente interminables à l’aéroport de Tenerife Sud sont devenues un problème récurrent, particulièrement depuis le Brexit. En 2021, les citoyens britanniques ont vu leur procédure d’entrée en Espagne complexifiée par l’instauration d’un contrôle systématique des passeports, auparavant non requis pour les ressortissants de l’Union européenne. Les voyageurs britanniques représentent le plus important contingent de touristes sur l’île chaque année.
Des images circulant sur les réseaux sociaux ce week-end (31 janvier – 1er février) témoignent de la situation : des centaines de personnes massées devant le terminal, certaines n’ayant même pas accès au bâtiment. Des vidéos montrent des files d’attente s’étendant à l’extérieur de l’aéroport, accompagnées, ironiquement, du jingle publicitaire d’un voyagiste britannique, tandis que les visages des vacanciers expriment leur frustration.
Le dysfonctionnement actuel est attribué à une panne des systèmes de contrôle automatique des passeports, mis en service seulement à la fin de l’année dernière suite à des pressions du secteur touristique. Ces systèmes étaient censés fluidifier le passage des frontières pour les citoyens non-européens et pallier le manque de personnel de la police nationale. « La panne a obligé des milliers de passagers à passer par le contrôle manuel de la police nationale et a créé des files d’attente visibles », a déclaré Cristina Valido, députée de la coalition des îles Canaries, à Atlántico Hoy.
La situation a été aggravée par l’arrivée simultanée de plusieurs vols en provenance de Grande-Bretagne. Cristina Valido a déjà alerté le gouvernement à plusieurs reprises sur des conditions qu’elle qualifie d’« inhumaines et absolument insupportables ».
L’industrie touristique locale exprime également son mécontentement. Jorge Marichal, président de l’association hôtelière Ashotel, dénonce une « maltraitance permanente et systématique des touristes » et critique l’inaction de l’AENA, l’exploitant de l’aéroport, ainsi que du ministère de l’Intérieur. « Que devons-nous faire de plus de la part du secteur touristique des îles Canaries pour qu’AENA et le ministère de l’Intérieur traitent nos aéroports comme des infrastructures de premier ordre comme les autres ? », s’interroge-t-il.
Ashotel se réserve également la possibilité d’engager des poursuites contre l’AENA et le ministère de l’Intérieur, en se basant sur l’article 75 de la loi canarienne sur le tourisme, qui considère de telles défaillances comme une grave infraction administrative. L’association rappelle que le secteur touristique génère plus de 3,4 milliards d’euros de recettes fiscales, finançant l’ensemble du système éducatif, les services publics et plus de 80 % du système de santé des îles Canaries. Les touristes britanniques, en particulier, contribueraient de manière significative à cette prospérité.