Publié le 15 février 2026. Une jeune entreprise spatiale, General Galactic, s’apprête à tester une technologie révolutionnaire : utiliser l’eau comme carburant pour les fusées, une avancée qui pourrait transformer l’exploration spatiale et rendre les voyages interplanétaires plus accessibles.
- General Galactic lancera son satellite Trinity de 500 kg en octobre, en collaboration avec SpaceX, pour démontrer la viabilité de la propulsion à base d’eau.
- La technologie repose sur deux approches : l’électrolyse pour séparer l’eau en hydrogène et oxygène, et un propulseur à effet Hall pour les longs voyages.
- L’eau présente des avantages significatifs par rapport aux carburants traditionnels, notamment sa disponibilité, sa stabilité et son potentiel pour un Delta-V accru.
L’idée, qui pourrait bien bouleverser le secteur spatial, émane de deux ingénieurs expérimentés : Halen Mattison et Luke Neise. Mattison a précédemment travaillé chez SpaceX, tandis que Neise a fait ses armes chez Varda Space. Leur projet, baptisé Trinity, sera lancé en octobre grâce à l’expertise de SpaceX. Le satellite de 500 kg tentera de prouver qu’il peut manœuvrer sur orbite terrestre en utilisant uniquement de l’eau, collectée selon Wired.
La technologie développée par General Galactic s’adapte aux besoins de la mission. Pour les phases de lancement et les manœuvres nécessitant une poussée importante, l’eau est décomposée par électrolyse en hydrogène et en oxygène, qui sont ensuite brûlés comme dans une fusée conventionnelle. Cette méthode évite les risques liés au méthane, un carburant couramment utilisé mais instable et nécessitant des conditions de stockage complexes. Pour les voyages de longue durée, l’entreprise mise sur un propulseur à effet Hall, qui convertit l’oxygène en plasma grâce à l’électricité. « C’est un peu comme un rot dans l’espace », a plaisanté Mattison, expliquant que ce système, bien que discret, offre une efficacité remarquable pour maintenir un mouvement continu.
Halen Mattison et Luke Neise, fondateurs de General Galactic
L’eau présente des avantages considérables par rapport aux carburants traditionnels. Non seulement elle est abondante, mais elle est également beaucoup plus facile à manipuler et à stocker. Les carburants conventionnels, comme le méthane, exigent des températures extrêmement basses pour éviter leur évaporation ou leur décomposition. L’eau, elle, ne nécessite pas un refroidissement aussi poussé et ne présente pas le même risque d’explosion en cas de défaillance. De plus, General Galactic affirme que son système pourrait offrir un Delta-V (la mesure de la capacité de changement de vitesse d’un engin spatial) entre cinq et dix fois supérieur aux systèmes actuels.
L’ambition de General Galactic ne se limite pas à l’orbite terrestre. Les fondateurs envisagent de créer un réseau d’infrastructures sur Mars et d’autres planètes, permettant aux vaisseaux spatiaux de se ravitailler en carburant. Cette vision, partagée par d’autres acteurs comme la NASA et la société japonaise Pale Blue, pourrait transformer les voyages interplanétaires en une entreprise moins périlleuse et plus accessible. Le lancement d’octobre sera donc un moment crucial pour Trinity, et pour l’avenir de l’exploration spatiale. Si le satellite parvient à démontrer la viabilité de la propulsion à base d’eau, il aura franchi une première étape décisive vers un futur où les voyages à travers le système solaire ressembleront davantage à un long voyage en voiture qu’à une mission suicide.