Home Économie Tribunal administratif fédéral : la Finma reçoit une gifle dans l’affaire AT1 – Actualité

Tribunal administratif fédéral : la Finma reçoit une gifle dans l’affaire AT1 – Actualité

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Publié le 14 octobre 2025 12:47:00. Une décision du Tribunal administratif fédéral suisse vient de redonner espoir aux investisseurs lésés par l’annulation des obligations AT1 de Crédit Suisse. La justice semble remettre en question la légitimité de cette mesure prise lors du rachat de la banque par UBS.

  • Le Tribunal administratif fédéral a statué en faveur des détenteurs d’obligations AT1 annulées dans le cadre du sauvetage de Crédit Suisse.
  • Les plaignants soutiennent que l’annulation de ces instruments financiers n’était pas justifiée car elle n’a pas renforcé les fonds propres de la banque au moment de son rachat.
  • Cette décision constitue un revers significatif pour la Finma, l’autorité de surveillance des marchés financiers, qui avait ordonné la radiation de ces obligations.

La controverse porte sur l’annulation de 16,5 milliards de francs suisses d’obligations dites « Additional Tier 1 » (AT1). Ces instruments, créés après la crise financière de 2008, ont pour rôle d’absorber les pertes d’une banque en cas de difficultés, afin d’éviter une intervention de l’État. En contrepartie, leurs détenteurs bénéficient d’un taux d’intérêt plus élevé. Les investisseurs concernés affirment que cette exigence de renforcement des fonds propres n’a pas été remplie lors du rachat précipité de Crédit Suisse par UBS le 23 mars 2023. Ils avancent que, dans l’hypothèse d’une intervention étatique pour sauver ou liquider la banque, l’annulation des AT1 aurait pu être légalement justifiée, mais pas dans le cadre de la reprise par une autre entité privée. Les plaignants soutiennent que cette annulation, loin de consolider le capital de Crédit Suisse, a servi d’aubaine pour UBS. Ils s’appuient notamment sur une déclaration de la Finma et de la Banque nationale suisse datant du 15 mars 2023, affirmant que Crédit Suisse disposait alors de fonds propres suffisants.

Cette décision du Tribunal administratif fédéral, si elle est confirmée en appel, pourrait avoir des répercussions importantes sur la manière dont les crises bancaires sont gérées et sur la protection des investisseurs. La Finma, qui avait validé et ordonné la radiation de ces obligations AT1, se retrouve dans une position délicate suite à ce jugement.

« La décision du Tribunal administratif fédéral est un grand succès pour les investisseurs qui ont intenté une action contre l’annulation des obligations AT1. Ils avaient fait valoir que l’annulation des instruments AT1 aurait été possible si elle avait renforcé les fonds propres du Crédit Suisse – dans l’hypothèse d’une intervention de l’État pour maintenir ou liquider la banque. »

Liz Horowitz Rüttimann, Rédacteur d’affaires

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