Publié le 2024-05-03 14:35:00. L’Irlande voit une part croissante de ses recettes fiscales sur les sociétés concentrée entre les mains de quelques multinationales, suscitant des interrogations sur la pérennité de ce modèle économique. Selon le Conseil consultatif fiscal irlandais, trois entreprises représentent à elles seules près de la moitié de l’impôt sur les sociétés perçu par l’État.
- En 2024, ces trois entreprises ont versé environ 13 milliards d’euros, soit 46 % de l’impôt sur les sociétés irlandais.
- Apple, Microsoft et le groupe pharmaceutique Eli Lilly sont pointés du doigt comme les principaux contributeurs à cette concentration.
- Les recettes de l’impôt sur les sociétés ont presque doublé entre 2021 et 2024, même en excluant les paiements d’arriérés d’impôts d’Apple.
La dépendance de l’Irlande à l’égard de l’impôt sur les sociétés versé par un nombre limité de grandes entreprises est de plus en plus visible. Le Conseil consultatif fiscal irlandais (Irish Fiscal Advisory Council – IFAC) a révélé que ces trois multinationales ont contribué à hauteur de 46 % des recettes totales de l’impôt sur les sociétés en 2024, représentant un montant d’environ 13 milliards d’euros. Bien que les noms des entreprises n’aient pas été officiellement divulgués, il s’agirait d’Apple, de Microsoft et du géant pharmaceutique Eli Lilly.
Cette forte concentration est le résultat d’une augmentation significative des recettes fiscales ces dernières années. L’impôt sur les sociétés a presque doublé entre 2021 et 2024, même en excluant les sommes versées par Apple pour solder d’anciens litiges fiscaux. Selon les estimations, Apple et Microsoft à eux seuls représentent près de 40 % des recettes totales de l’impôt sur les sociétés.
« La recherche met en évidence à quel point l’impôt sur les sociétés en Irlande dépend désormais de trois entreprises seulement. »
Brian Cronin, économiste au Conseil consultatif fiscal irlandais
Brian Cronin souligne également la vulnérabilité de ce système. Il met en garde contre l’incertitude qui plane sur les bénéfices futurs de ces entreprises et, par conséquent, sur les recettes fiscales qu’elles génèrent.
« Ces entreprises continuent d’afficher de bons résultats, mais leurs bénéfices et les impôts qu’elles paient restent soumis à une grande incertitude. En conséquence, les recettes de l’impôt sur les sociétés pourraient être sensiblement supérieures ou inférieures aux niveaux actuels à moyen terme. »
Brian Cronin, économiste au Conseil consultatif fiscal irlandais
Les perspectives pour Apple et Microsoft restent positives, portées par les avancées de l’intelligence artificielle et la demande croissante pour leurs produits et services. Dans le secteur pharmaceutique, Eli Lilly devrait également bénéficier de la forte demande pour ses médicaments contre l’obésité et le diabète. Cependant, le Conseil consultatif fiscal irlandais insiste sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux fluctuations potentielles de ces marchés et à leur impact sur les finances publiques irlandaises.