Home Économie Trois sociétés multinationales ont payé près de 50 % de l’impôt sur les sociétés de l’État en 2024 – The Irish Times

Trois sociétés multinationales ont payé près de 50 % de l’impôt sur les sociétés de l’État en 2024 – The Irish Times

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Publié le 19 février 2026 07:04:00. En 2024, trois multinationales américaines – Apple, Microsoft et Eli Lilly – ont représenté à elles seules près de la moitié des recettes de l’impôt sur les sociétés irlandais, soulignant une dépendance croissante et potentiellement risquée pour les finances publiques.

  • Apple, Microsoft et Eli Lilly ont payé collectivement 13 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés en Irlande en 2024.
  • Le Conseil consultatif budgétaire irlandais (Ifac) met en garde contre les risques liés à une concentration excessive des recettes fiscales entre les mains d’un nombre limité d’entreprises.
  • L’arrivée prochaine d’un taux d’imposition mondial minimum de 15 % pourrait augmenter les recettes, mais l’Ifac souligne la volatilité potentielle de ces revenus.

L’Irlande repose de plus en plus sur les impôts versés par un petit nombre de grandes entreprises multinationales, selon un rapport récent du Conseil consultatif budgétaire irlandais (Ifac). L’étude révèle qu’Apple, Microsoft et le groupe pharmaceutique Eli Lilly ont contribué à hauteur de 46 % – soit environ 13 milliards d’euros – aux 28,1 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés perçus par l’État irlandais en 2024.

L’Ifac tire la sonnette d’alarme face à cette concentration, estimant qu’elle « comporte des risques importants ». Une forte dépendance à l’égard de quelques acteurs majeurs rend les finances publiques vulnérables aux fluctuations économiques et aux décisions stratégiques de ces entreprises.

Selon les données financières publiques, Apple a versé environ 5,8 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés en Irlande en 2024, s’ajoutant aux 14 milliards d’euros déjà payés suite à sa bataille juridique avec la Commission européenne. Son concurrent, Microsoft, qui emploie environ 6 400 personnes en Irlande, a quant à lui contribué à hauteur de 4,8 milliards d’euros. Eli Lilly, fabricant des ingrédients actifs des médicaments contre l’obésité Zepbound et Mounjaro, a payé environ 2,2 milliards d’euros.

Le géant pharmaceutique Pfizer, auparavant en troisième position, a vu ses paiements d’impôts diminuer en 2024 en raison d’une baisse de la demande pour ses vaccins et traitements contre la Covid-19, cédant ainsi sa place à Eli Lilly.

Le rapport de l’Ifac souligne le caractère « exceptionnellement concentré » de l’assiette de l’impôt sur les sociétés en Irlande. Deux entreprises à elles seules représentent 11 milliards d’euros, soit près de 40 % des recettes totales pour 2024. L’impôt sur les sociétés a presque doublé entre 2021 et 2024, principalement grâce à l’augmentation des paiements de ces trois principaux contributeurs.

Cependant, l’Ifac prévient que cette concentration accrue rend les recettes fiscales plus vulnérables.

« Les recettes futures pourraient être bien supérieures ou inférieures aux niveaux actuels »

Conseil consultatif budgétaire irlandais (Ifac)

L’organisme de surveillance budgétaire note que les deux entreprises technologiques continuent d’afficher de solides performances, avec une croissance à deux chiffres de leurs revenus en 2025, et les analystes prévoient que cette tendance se poursuivra au moins jusqu’en 2026, soutenue par une forte demande pour leurs nouveaux produits et services.

L’Irlande est également devenue une base de fabrication clé pour l’ingrédient actif utilisé dans la production de médicaments populaires pour la perte de poids et le diabète. L’augmentation des ventes de ces médicaments a contribué à l’augmentation des recettes fiscales en 2025. Le rapport précise qu’un groupe pharmaceutique majeur a anticipé certaines exportations vers les États-Unis afin d’éviter les droits de douane prévus.

Eli Lilly a ainsi expédié pour 42,3 milliards de dollars (36,4 milliards d’euros) d’ingrédients pour ses médicaments amaigrissants vers les États-Unis au cours des quatre premiers mois de l’année dernière, dans le but de contourner les tarifs douaniers.

Les recettes de l’impôt sur les sociétés devraient encore augmenter en 2026 avec l’entrée en vigueur du nouveau taux d’imposition mondial minimum de 15 %, convenu dans le cadre d’un accord de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur la fiscalité internationale en 2021. Les estimations suggèrent que ce taux plus élevé pourrait générer 5 milliards d’euros supplémentaires pour le Trésor public.

L’Ifac met toutefois en garde contre des risques à la baisse.

« S’appuyer fortement sur deux des plus grandes entreprises technologiques du monde pour obtenir un flux substantiel de recettes fiscales sur les sociétés comporte des risques importants »

Conseil consultatif budgétaire irlandais (Ifac)

Des facteurs tels que des produits qui ne rencontrent pas le succès escompté, des changements de direction, des évolutions dans les modèles économiques ou une réglementation plus stricte pourraient entraîner une baisse significative des bénéfices.

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