Publié le 7 février 2026 à 04:23:00. Dans une démarche visant à maîtriser l’inflation alimentaire aux États-Unis, le président Donald Trump a annoncé l’ouverture du marché américain à davantage de viande bovine argentine, une décision qui suscite des réactions mitigées de la part des éleveurs américains.
- Le président Trump autorise l’importation annuelle de 80 000 tonnes supplémentaires de bœuf argentin sans droits de douane.
- Cette mesure s’inscrit dans un accord commercial plus large avec l’Argentine et vise à réduire le coût du bœuf haché pour les consommateurs américains.
- La National Cattleman’s Beef Association s’oppose à cette décision, estimant qu’elle nuit aux éleveurs américains.
Washington a annoncé ce mercredi l’assouplissement des conditions d’importation de viande bovine argentine, une initiative qui intervient après des discussions avec le président argentin Javier Milei et dans un contexte de hausse des prix alimentaires aux États-Unis. Le président Trump a signé une proclamation autorisant l’entrée sur le territoire américain de 80 000 tonnes supplémentaires de bœuf argentin par an, exonérées de droits de douane, contre 20 000 tonnes actuellement. Cette mesure fait partie d’un accord commercial plus vaste conclu avec Buenos Aires, selon la Maison Blanche.
Le ministère argentin des Affaires étrangères a salué cette décision, estimant qu’elle augmentera considérablement la valeur des exportations de bœuf vers les États-Unis, à hauteur de 800 millions de dollars. La proclamation présidentielle concerne spécifiquement les « parures de bœuf maigres », utilisées pour la fabrication du bœuf haché, dont le prix a atteint 6,69 dollars la livre en décembre dernier – un niveau record depuis le début des relevés du ministère du Travail dans les années 1980.
Dans un communiqué, le président Trump a justifié sa décision par la nécessité de garantir le pouvoir d’achat des Américains :
« En tant que président des États-Unis, j’ai la responsabilité de veiller à ce que les Américains qui travaillent dur puissent se permettre de nourrir eux-mêmes et leurs familles. »
Cette annonce s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui a initialement mis en place de nombreux droits de douane sur une variété de produits durant son second mandat, arguant de la nécessité de protéger l’industrie américaine et d’augmenter les recettes de l’État. Cependant, face à la pression de l’inflation et aux préoccupations concernant le coût de la vie, le président a récemment pris des mesures pour suspendre ou exonérer certains produits de ces droits de douane.
Le mois dernier, Donald Trump avait déjà annoncé le report d’une augmentation des droits de douane sur les meubles rembourrés, les armoires de cuisine et les vanités, invoquant des inquiétudes similaires concernant l’abordabilité. En novembre, il avait également annoncé des exemptions tarifaires pour une large gamme de produits, notamment le bœuf, le café, le chocolat, les bananes, les tomates et les oranges. Plus d’informations sur les exemptions tarifaires de novembre.
La National Cattleman’s Beef Association (NCBA) a exprimé son opposition à cette augmentation des importations de bœuf argentin, dénonçant une mesure qui, selon elle, « nuit aux éleveurs et aux femmes américains ». Déclaration de la NCBA.
Cette décision intervient dans un contexte de rapprochement entre Washington et Buenos Aires. Le président Trump a reçu son homologue argentin, Javier Milei, à la Maison Blanche en octobre dernier et a proposé un plan d’aide économique de 20 milliards de dollars pour soutenir l’économie argentine. Rétrospective de la visite de Milei à la Maison Blanche.