Publié le 2025-10-30 07:58:00. Le président américain Donald Trump a donné son feu vert à la Corée du Sud pour la construction de sous-marins à propulsion nucléaire, une décision qui pourrait marquer une avancée majeure pour Séoul sur la scène militaire internationale. Cette approbation intervient lors d’un sommet entre les dirigeants des deux pays, à la veille de la réunion de l’APEC.
- Séoul se voit autorisée par Washington à développer sa propre flotte de sous-marins nucléaires.
- Cette décision marque un changement d’attitude des États-Unis après des décennies d’opposition.
- La Corée du Sud met en avant la nécessité de contrer les menaces sous-marines de ses voisins.
Lors de sa rencontre mercredi à Gyeongju avec son homologue sud-coréen Lee Jae Myung, le président américain Donald Trump a confirmé un accord global portant sur l’investissement et la construction navale. Il a précisé sur le réseau social Truth Social avoir donné « l’autorisation de construire un sous-marin à propulsion nucléaire, plutôt que les sous-marins à moteur diesel à l’ancienne et beaucoup moins agiles qu’ils ont actuellement ». Trump a ajouté que la construction de ces navires pourrait s’effectuer dans des chantiers navals américains, soulignant un possible « GRAND RETOUR » de la construction navale nationale.
Cette décision fait suite à une demande répétée de la Corée du Sud. Le président Lee Jae Myung avait sollicité le soutien de Trump pour obtenir l’autorisation d’acquérir la technologie de propulsion nucléaire, expliquant que les sous-marins actuels à propulsion diesel ont une autonomie limitée sous l’eau, ce qui entrave leur capacité à suivre les sous-marins nord-coréens et chinois. Il a insisté sur le fait que Séoul ne souhaite pas développer des sous-marins armés de têtes nucléaires, mais plutôt accroître ses capacités de dissuasion et de surveillance.
L’accord marque une rupture significative avec la politique américaine antérieure, qui s’est opposée pendant des décennies à ce projet. Les États-Unis travaillent actuellement avec l’Australie et le Royaume-Uni dans le cadre du projet AUKUS, impliquant le transfert de technologies de sous-marins nucléaires vers l’Australie. Cependant, Washington n’a partagé cette technologie qu’avec le Royaume-Uni auparavant.
Malgré la confirmation de l’accord, des questions subsistent quant à l’origine de la technologie de propulsion nucléaire et à la fourniture du combustible nécessaire. Daryl Kimball, directeur exécutif de l’Arms Control Association, a souligné que l’acquisition de tels sous-marins par la Corée du Sud « soulève toutes sortes de questions ». Il a précisé que ces navires nécessiteraient probablement un approvisionnement en services de propulsion nucléaire et en combustible en provenance des États-Unis, impliquant l’utilisation d’uranium hautement enrichi. Un tel développement imposerait un « nouveau régime de garanties très complexe » de la part de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), garante du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
Kimball a également émis des doutes quant à la nécessité technique et militaire pour la Corée du Sud d’acquérir la capacité d’enrichissement de l’uranium ou de retraitement du plutonium, des technologies potentiellement utilisables pour le développement d’armes nucléaires. Il a appelé l’administration américaine à résister fermement à de telles demandes de ses alliés, afin de ne pas compromettre les efforts mondiaux de non-prolifération.
La visite de Donald Trump en Corée du Sud s’est déroulée dans un contexte de tensions accrues avec la Corée du Nord, qui renforce ses liens militaires et économiques avec la Russie. Le président américain a indiqué qu’aucune rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un n’était prévue durant son séjour, mettant un terme aux spéculations sur un possible sommet.
Le déjeuner organisé pour Donald Trump a culminé avec un dessert arborant le mot « PAIX ! », selon le bureau présidentiel de Séoul, rappelant l’engagement des deux dirigeants, lors de leur première rencontre, à agir comme « pacificateurs » et « stimulateurs » pour la paix dans la péninsule coréenne.