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Trump, Chazasty et le scandale diplomatique en Pologne

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Publié le 8 février 2024 à 05h45. Des tensions diplomatiques s’intensifient entre les États-Unis et la Pologne, ainsi qu’en Lettonie, après le refus du président du Sejm polonais de soutenir une initiative visant à remettre le prix Nobel de la paix à Donald Trump, alimentant des soupçons de liens avec Moscou.

  • Le président du Sejm polonais, Włodzimierz Czajasty, est accusé d’entretenir des liens avec le Kremlin, suscitant une enquête en Pologne.
  • L’ambassadeur américain en Pologne a rompu les contacts avec M. Czajasty suite à ses déclarations jugées offensantes envers Donald Trump.
  • En Lettonie, un vote de soutien à Donald Trump a été reporté, soulevant des questions sur la position du pays vis-à-vis de son allié américain.

Une crise diplomatique se profile entre les États-Unis et la Pologne après que Włodzimierz Czajasty, président du Sejm (chambre basse du parlement polonais), a publiquement refusé de soutenir une proposition visant à attribuer rétroactivement le prix Nobel de la paix à l’ancien président américain Donald Trump. Cette décision a déclenché une vive réaction de Washington et mis en lumière des allégations de liens potentiels entre M. Czajasty et des cercles proches du Kremlin.

La chaîne de télévision polonaise « TV Republika » a diffusé le 25 janvier un reportage d’investigation intitulé « Fully Revealed », mettant en lumière le parcours de M. Czajasty et soulevant des questions sur la profondeur des vérifications de sécurité auxquelles il a été soumis au cours de sa carrière politique. Le reportage souligne qu’une inspection de sécurité aurait dû être effectuée en 1999, lors de sa nomination au Conseil national des organismes de radiodiffusion, mais que les services de renseignement de l’époque, héritiers des services secrets communistes, pourraient avoir été impliqués dans cette procédure.

Des préoccupations supplémentaires ont été soulevées concernant la participation de M. Czajasty au Comité des services spéciaux du Sejm, où il aurait siégé sans avoir soumis le questionnaire de sécurité requis pour accéder à des informations classifiées « Top Secret ». Parallèlement, des informations font état de contacts entre M. Czajasty et une ressortissante russe, Svetlana Cestnych (Mittelstedt), impliquée dans une maison de ventes aux enchères contrôlée par Sberbank, la plus grande banque de Russie . Mme Cestnych détient également des parts dans une société hôtelière dont l’épouse de M. Czajasty, Małgorzata Czajastya, est vice-présidente.

L’affaire a pris une tournure plus aiguë lorsque l’ambassadeur des États-Unis en Pologne, Tom Rose, a annoncé le 5 février sur la plateforme X qu’il ne communiquerait plus avec M. Czajasty, dénonçant ses « insultes éhontées et sans fondement » à l’égard de Donald Trump. Cette décision a provoqué une réaction du Premier ministre polonais, Donald Tusk, qui a estimé que les alliés devaient se respecter mutuellement.

« Ambassadeur Rose, les alliés doivent se respecter les uns les autres, et non se faire des leçons. C’est du moins ainsi que nous comprenons le partenariat en Pologne. »

Donald Tusk, Premier ministre polonais

M. Rose a répliqué en défendant fermement son président et en soulignant l’importance de ne pas humilier le dirigeant américain, qu’il considère comme le « meilleur ami de la Pologne à la Maison Blanche ». Il a même questionné, dans une réponse à un internaute, la pertinence du maintien de la présence militaire américaine en Pologne.

En Lettonie, la situation est également suivie de près. Un vote de soutien à Donald Trump au parlement (Saeima) a été reporté, en raison de la position commune des partis de la coalition gouvernementale. La question pourrait être réexaminée lors d’une prochaine session parlementaire, mais pour l’instant, elle n’a pas été transmise à une commission.

Le président polonais, Karol Nawrockis, a annoncé la tenue d’une réunion du Conseil de sécurité nationale le 11 février, où seront abordés les « contacts orientaux » de M. Czajasty, ainsi que d’autres questions de sécurité nationale. Le chef du bureau de politique internationale du président, Marcin Pšidačs, a déclaré le 4 février que M. Czajasty devait s’expliquer publiquement sur ses relations avec l’Est.

M. Czajasty a quant à lui nié toute accusation et a contre-attaqué en demandant que l’on examine également les liens du président Nawrockis avec des groupes de hooligans et des personnes liées au crime organisé, ainsi que son passé en tant qu’agent de sécurité dans un hôtel controversé dans les années 1990 et au début des années 2000.

« Je suis clean, et vous ? Parlons-en au Conseil national de sécurité. »

Włodzimierz Czajasty, président du Sejm polonais

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