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Trump cherche un accord commercial avec Xi lors de son voyage en Asie

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Publié le 2025-10-25 06:42:00. Le président américain Donald Trump entame un périple diplomatique de cinq jours en Asie, axé sur la conclusion d’accords commerciaux et la rencontre très attendue avec le président chinois Xi Jinping, dans un contexte de tensions tarifaires persistantes.

  • La réunion de Xi Jinping constitue le point culminant du voyage de Trump.
  • Ce périple de cinq jours inclut des visites en Malaisie, au Japon et en Corée du Sud.
  • Trump met à l’épreuve ses compétences de négociateur dans une région sous l’emprise de sa politique tarifaire.

Depuis Washington, Donald Trump a entamé son premier voyage en Asie en tant que président, et le plus long séjour à l’étranger depuis son entrée en fonction en janvier. Ce déplacement de cinq jours le mènera en Malaisie, au Japon et en Corée du Sud. L’objectif affiché est de parvenir à des accords commerciaux, d’assurer l’approvisionnement en minerais essentiels et d’obtenir un cessez-le-feu avant l’étape la plus délicate : un tête-à-tête avec le président chinois Xi Jinping prévu jeudi en Corée du Sud.

Trump cherche également à consolider l’un des acquis diplomatiques majeurs de son second mandat : un fragile cessez-le-feu dans le conflit israélo-palestinien. Cette démarche intervient alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine se poursuit et que le conflit commercial avec la Chine ne montre guère de signes d’apaisement.

Tensions commerciales sur les minerais et technologies clés

Washington et Pékin ont intensifié leurs mesures douanières et menacé de restreindre les échanges de minerais critiques et de technologies, illustrant la escalade des frictions commerciales entre les deux puissantes économies.

Les détails de ce voyage, annoncé officiellement jeudi par la Maison Blanche, restent encore à préciser, notamment concernant la nature exacte de la rencontre entre les dirigeants des deux plus grandes économies mondiales. Les discussions préparatoires se concentreraient sur la gestion des divergences plutôt que sur des avancées majeures, selon une source proche des négociations. L’espoir d’un retour aux conditions commerciales antérieures à l’investiture de Trump semble donc limité.

Des accords intérimaires pourraient potentiellement inclure un allègement ciblé des droits de douane, une prolongation des tarifs actuels, ou des engagements de la Chine à accroître ses achats de soja américain et d’avions Boeing. Pékin avait déjà fait des promesses similaires dans le cadre d’un accord de phase 1 conclu en 2020, mais a par la suite peiné à respecter ses engagements.

Il est également envisagé que Washington assouplisse les restrictions sur l’exportation de puces informatiques haut de gamme vers la Chine, tandis que Pékin pourrait à son tour alléger ses contrôles sur les exportations d’aimants de terres rares, une mesure qui avait précédemment irrité Donald Trump.

Une autre éventualité est que ces pourparlers n’aboutissent à aucun accord concret.

Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a qualifié les discussions entre Trump et Xi de « recul », laissant entendre qu’aucun accord formel n’était attendu. De son côté, Donald Trump a déclaré aux journalistes qu’il s’agirait d’une « réunion assez longue », permettant de « régler ensemble nombre de nos questions, de nos doutes et de nos formidables atouts ».

La Chine n’a, pour l’heure, pas confirmé la tenue de cette rencontre.

Un président en tournée asiatique pour sceller des pactes

La politique asiatique de Donald Trump a été marquée par une pression intense sur les politiques commerciales et les dépenses de défense des pays de la région, souligne Mira Rapp-Hooper, chercheuse invitée à la Brookings Institution et ancienne responsable de l’administration Biden. La question centrale de ce voyage sera de savoir « à quel camp s’allier et que représentent-ils », analyse-t-elle.

Donald Trump est attendu au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), qui débutera dimanche à Kuala Lumpur, en Malaisie. Il pourrait y superviser la signature d’un accord de cessez-le-feu entre la Thaïlande et le Cambodge, formalisant ainsi un accord qui a mis fin aux combats les plus violents de ces dernières années entre les deux pays en juillet. Trump s’est positionné comme un artisan de la paix mondiale au cours de son second mandat.

Après la Malaisie, le président américain se rendra au Japon pour rencontrer le Premier ministre nouvellement élu, Sanae Takaichi. Ce dernier devrait confirmer les plans de son prédécesseur visant à augmenter les dépenses militaires et à réaliser 550 milliards de dollars d’investissements américains.

Enfin, à Busan, en Corée du Sud, Donald Trump prévoit une rencontre avec Xi Jinping, en marge d’un sommet sur le commerce international. Le président américain devrait regagner Washington avant le début du forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), selon le calendrier annoncé jeudi par la Maison Blanche.

Donald Trump a menacé d’augmenter les droits de douane sur les importations chinoises à près de 155 % à partir du 1er novembre, une mesure qui provoquerait presque certainement une riposte de Pékin et mettrait fin à la trêve actuelle.

Au-delà des questions commerciales, les deux dirigeants devraient aborder Taïwan, une source de friction historique entre les États-Unis et la Chine, ainsi que la Russie, alliée de la Chine et actuellement sous le coup de sanctions américaines élargies dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Un responsable américain a précisé que les États-Unis n’avaient « aucune intention de discuter d’autres questions » que le commerce de la Chine, les contrôles à l’exportation et ses achats de pétrole russe, ajoutant que Trump serait prêt à réitérer ses positions précédentes si Xi Jinping soulevait d’autres sujets.

Avant de quitter la Maison Blanche vendredi, Donald Trump a indiqué aux journalistes qu’il s’attendait à ce que la question de Taïwan soit abordée lors de ses entretiens avec Xi.

Le président américain a également déclaré qu’il soulèverait probablement la question de la libération de Jimmy Lai, fondateur du défunt journal pro-démocratie Apple Daily, qui purge actuellement une peine de prison à Hong Kong en vertu des lois sur la sécurité nationale imposées par Pékin.

« C’est sur ma liste. Je vais demander… Nous verrons ce qui se passe », a confié Trump aux journalistes.

Négociations commerciales : affaire conclue ou pas ?

Il n’est pas encore clair si Donald Trump tentera de reprendre les négociations commerciales avec le Premier ministre canadien Mark Carney, qui est également en Asie, après avoir brusquement interrompu les discussions. Les deux dirigeants « se reverront probablement » mercredi lors d’un dîner avec d’autres dirigeants, selon une autre source.

Donald Trump a déclaré aux journalistes qu’il n’avait pas l’intention de rencontrer Carney et qu’il était « satisfait de l’accord que nous avons » conclu avec le Canada.

Trump cherche également à conclure des accords commerciaux avec la Malaisie et l’Inde, tout en consolidant un accord déjà conclu avec la Corée du Sud.

Les relations entre les États-Unis et la Corée du Sud ont été mises à rude épreuve par les inquiétudes de Séoul concernant les investissements de 350 milliards de dollars dans des entreprises américaines, recherchés par Trump, ainsi que par les déportations de travailleurs étrangers du pays.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung souhaite que Donald Trump cherche à rétablir la paix avec Kim Jong Un de Corée du Nord. Bien que les responsables américains aient envisagé, sans jamais le confirmer, un déplacement dans la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées, aucune rencontre Kim-Trump n’est au programme de ce voyage, a indiqué un responsable américain vendredi.

Donald Trump a reconnu la difficulté de contacter la Corée du Nord et a déclaré aux journalistes : « Si vous voulez faire passer le message, je suis ouvert à cela. Vous savez, ils n’ont pas beaucoup de service téléphonique. »

Reportage de Trevor Hunnicutt ; Montage par Colleen Jenkins, Lincoln Feast et Edmund Klamann

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