Publié le 02 octobre 2025. La Maison Blanche sollicite l’adhésion de neuf grandes universités à ses priorités politiques, en échange d’un accès privilégié aux financements fédéraux et à d’autres avantages.
- Les établissements universitaires sont invités à signer un « pacte pour l’excellence académique dans l’enseignement supérieur », alignant leurs politiques sur la vision de l’administration concernant les admissions, le sport féminin, la liberté d’expression, la discipline étudiante et le coût des études.
- En contrepartie, les universités bénéficieraient d’un accès renforcé aux fonds fédéraux, ainsi qu’à des événements et à des discussions avec des responsables de la Maison Blanche.
- Le pacte impose des directives strictes, notamment sur la définition du genre, les quotas d’étudiants étrangers, la limitation des frais de scolarité et la promotion d’un large éventail d’opinions sur les campus.
Neuf universités, parmi les plus prestigieuses du pays, ont reçu ce pacte de dix pages. Il s’agit de Vanderbilt, de l’Université de Pennsylvanie, du Dartmouth College, de l’Université de Californie du Sud, du Massachusetts Institute of Technology, de l’Université du Texas, de l’Université de l’Arizona, de l’Université Brown et de l’Université de Virginie. La sélection de ces établissements et les raisons précises de ce choix n’ont pas été clairement expliquées par la Maison Blanche. Cette initiative s’inscrit dans une démarche où l’administration a déjà utilisé son levier financier pour influencer les politiques d’établissements comme Harvard et Columbia, suite à des critiques sur la gouvernance et la gestion de cas d’antisémitisme.
Le document proposé exige des universités qu’elles adoptent la définition gouvernementale du genre pour l’application des règles concernant les toilettes, les vestiaires et les équipes sportives féminines. Il stipule également que les processus d’admission ne devront plus tenir compte de la race, du sexe ou d’autres données démographiques. De plus, les candidats au premier cycle universitaire seront tenus de passer les examens SAT ou ACT. Une autre disposition notable concerne les inscriptions internationales, qui seraient plafonnées à 15 % de la population étudiante de premier cycle, avec une limite de 5 % provenant d’un seul pays. Les universités signataires s’engageraient également à maintenir les frais de scolarité stables pour les étudiants américains pendant cinq ans, et les institutions les plus riches devraient offrir la gratuité des études pour les programmes en sciences « dures ».
Sur la question de la liberté d’expression, le pacte demande aux universités de favoriser une diversité d’opinions sur les campus, y compris la « transformation ou l’abolition des unités institutionnelles qui punissent délibérément, déprécient et permettent même de susciter la violence contre les idées conservatrices ». Chaque établissement devrait mener une enquête annuelle auprès de ses étudiants et de son corps professoral pour évaluer la conformité au pacte. Le ministère de la Justice serait chargé de faire appliquer ces règles. Les contrevenants s’exposeraient à une perte d’accès aux avantages du pacte pour une durée minimale d’un an, cette période pouvant être prolongée en cas de violations répétées.
Le texte précise que les établissements d’enseignement supérieur sont libres de développer des modèles et des valeurs différents, à condition qu’ils renoncent aux bénéfices fédéraux liés à ce pacte. À ce jour, seuls les dirigeants du système universitaire du Texas ont réagi publiquement, se disant « honorés » de la sélection du campus d’Austin et se montrant impatients de collaborer avec l’administration Trump. Les représentants des autres universités sollicitées n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaires.