Publié le 2025-10-09 06:47:00. Washington et Le Caire annoncent qu’un accord historique de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a été conclu, ouvrant la voie à la libération d’otages et à une potentielle trêve prolongée dans la bande de Gaza. Cette avancée survient alors que le conflit atteint un nouveau palier de complexité régionale.
- Donald Trump annonce un accord de paix de première phase entre Israël et le Hamas, incluant la libération des otages et le retrait des troupes israéliennes.
- Les négociations, menées en Égypte avec une participation internationale, visent à mettre fin à un conflit qui dure depuis deux ans et a des répercussions régionales.
- L’accord, bien qu’encourageant, reste sujet à des détails cruciaux et à l’application effective par les deux parties, sur fond de tensions persistantes et de pertes humaines considérables.
C’est le 8 octobre que le président américain Donald Trump a fait état d’un accord de principe sur un cessez-le-feu de longue durée entre Israël et le Hamas, ainsi que sur la libération d’otages détenus à Gaza. Cette annonce intervient peu après la commémoration du deuxième anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël, qui avait déclenché l’offensive israélienne dévastatrice dans l’enclave palestinienne.
Les pourparlers, qui se sont tenus en Égypte, ont abouti à un accord sur la première étape d’un plan en 20 points proposé par M. Trump, visant à rétablir la paix. Si cet accord est intégralement mis en œuvre, il marquerait un rapprochement significatif entre les deux camps, dans un conflit qui s’est étendu à l’échelle régionale, impliquant des acteurs comme l’Iran, le Yémen et le Liban. Cette guerre a considérablement isolé Israël sur la scène internationale et remodèle la géopolitique du Moyen-Orient.
Cependant, les détails précis de l’accord annoncé par le président américain demeurent flous, laissant planer des incertitudes qui pourraient menacer sa réussite, à l’instar des précédentes tentatives de paix. La concrétisation de cet accord représenterait une victoire diplomatique majeure pour Donald Trump, qui avait fait de la résolution des conflits mondiaux un élément central de sa présidence, malgré des défis persistants à Gaza et en Ukraine.
« Je suis très fier d’annoncer qu’Israël et le Hamas ont tous deux signé la première phase de notre plan de paix. Cela signifie que tous les otages seront libérés très bientôt et qu’Israël retirera ses troupes selon une ligne convenue, ce qui constituera les premiers pas vers une paix forte, durable et éternelle. »
Donald Trump, président américain
Avant cette annonce, M. Trump avait laissé entendre qu’un accord était imminent et avait envisagé un déplacement en Égypte dès le 11 octobre, voire en Israël, selon des informations d’Axios. La Maison Blanche n’a pas commenté dans l’immédiat.
Cet accord pourrait permettre l’acheminement immédiat de l’aide humanitaire indispensable à la bande de Gaza, où, selon un organisme mondial de surveillance, plus d’un demi-million de personnes étaient déjà en situation de famine en août. Les autorités de Gaza rapportent plus de 67 000 morts et une destruction massive de l’enclave depuis le début de la riposte militaire israélienne à l’attaque transfrontalière du Hamas, le 7 octobre 2023. Selon les autorités israéliennes, 1 200 personnes ont péri lors de cette attaque, et 251 otages ont été emmenés à Gaza, parmi lesquels 20 seraient encore en vie.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dans un communiqué : « Avec l’aide de Dieu, nous les ramènerons tous chez eux », faisant référence aux otages.
« Avec l’aide de Dieu, nous les ramènerons tous chez eux. »
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien
M. Netanyahu a convoqué son gouvernement pour le 9 octobre afin d’approuver l’accord. Le Hamas a confirmé être parvenu à un accord pour mettre fin à la guerre, prévoyant un retrait israélien et un échange d’otages contre des prisonniers palestiniens. Le mouvement islamiste a cependant appelé M. Trump et les pays garants à s’assurer du respect intégral du cessez-le-feu par Israël.
« Toutes les parties seront traitées équitablement ! C’est un grand jour pour le monde arabe et musulman, pour Israël, pour toutes les nations environnantes et pour les États-Unis d’Amérique, et nous remercions les médiateurs du Qatar, de l’Égypte et de la Turquie, qui ont travaillé avec nous pour faire en sorte que cet événement historique et sans précédent se produise. »
Donald Trump, président américain
Des représentants de haut rang des États-Unis, du Qatar et de la Turquie ont participé aux discussions, qui ont débuté le 6 octobre dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh. Les États-Unis étaient représentés par Jared Kushner et Steve Witkoff, tandis qu’Israël était présent par la voix de Ron Dermer, ministre des Affaires stratégiques et proche confident de M. Netanyahu. Malgré ces avancées, des points cruciaux, tels que le calendrier de retrait, la gouvernance post-conflit de Gaza et le sort du Hamas, restent à définir.
Une source au sein du Hamas a indiqué que les otages vivants seraient libérés dans les 72 heures suivant l’approbation de l’accord par le gouvernement israélien. La récupération des corps des otages décédés, estimés à 28, prendrait plus de temps en raison des décombres à Gaza. Les autorités israéliennes ont évoqué une possible reprise de la libération des otages le 11 octobre, tandis que Donald Trump a suggéré le 13 octobre lors d’une émission sur Fox News.
M. Netanyahu et M. Trump se sont félicités de cet accord lors d’un entretien téléphonique, le Premier ministre israélien invitant le président américain à s’adresser au Parlement israélien. Donald Trump avait précédemment encouragé Benjamin Netanyahu, jusqu’alors largement libre de ses actions à Gaza, à faire des concessions. Le Premier ministre israélien est également sous pression de la part des familles d’otages et d’une opinion publique désireuse de paix, tout en étant confronté aux menaces de membres d’extrême droite de sa coalition qui menacent de quitter le gouvernement en cas de concessions jugées excessives envers les Palestiniens.
Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé toutes les parties à respecter scrupuleusement les termes de l’accord.
« L’entrée immédiate et sans entrave des fournitures humanitaires et des matériels commerciaux essentiels à Gaza doit être assurée. Les souffrances doivent cesser. »
Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies
Le 8 octobre, le Hamas avait affirmé avoir transmis ses listes d’otages détenus et de prisonniers palestiniens souhaités en échange. Cette liste comprendrait des figures de proue du mouvement palestinien, tels que Marwan al-Barghouti (Fatah) et Ahmed Saadat (FPLP), tous deux purgeant de multiples peines de prison à vie pour leur implication dans des attaques contre des Israéliens. Le Hamas a refusé de discuter de la demande israélienne de désarmement, conditionnant ce point à un retrait complet des troupes israéliennes.
Des divergences subsistent concernant le mécanisme de retrait israélien, le Hamas souhaitant un calendrier précis lié à la libération des otages et des garanties d’un retrait total. Bien qu’Israël ait réduit son offensive militaire à la demande de M. Trump, des frappes aériennes se poursuivent. L’armée israélienne a rapporté avoir neutralisé plusieurs militants dans la ville de Gaza, mais les autorités locales font état de huit décès dus à des frappes israéliennes au cours des dernières 24 heures, un bilan quotidien parmi les plus bas depuis des semaines.
La prochaine phase du plan de M. Trump envisage la création d’un organisme international, potentiellement dirigé par lui-même et incluant l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, pour administrer Gaza après le conflit. Si certains pays arabes soutiennent cette initiative, elle se heurte à l’opposition de Benjamin Netanyahu quant à la création d’un État palestinien.
La question de la gouvernance de Gaza après la guerre reste ouverte. M. Netanyahu, M. Trump, ainsi que les pays occidentaux et arabes, ont exclu tout rôle pour le Hamas, qui dirige Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste propose pour sa part de céder la gouvernance à un gouvernement technocratique palestinien, supervisé par l’Autorité palestinienne et soutenu par des pays arabes et musulmans, tout en rejetant toute ingérence étrangère.
Face à l’escalade des violences, des experts des droits humains, des universitaires et une enquête de l’ONU ont évoqué la possibilité d’un génocide, une accusation qu’Israël rejette en affirmant agir en légitime défense suite aux attaques du Hamas.