Publié le 23 février 2026 à 19h18. Après un revers judiciaire majeur, l’administration américaine de Donald Trump a réagi en menaçant de nouveaux droits de douane, plongeant l’économie mondiale dans l’incertitude et suscitant des inquiétudes quant à l’avenir des accords commerciaux.
La Cour suprême des États-Unis a invalidé, vendredi 20 février, une grande partie des droits de douane imposés par la Maison Blanche à la quasi-totalité des pays. En réponse, Donald Trump a immédiatement annoncé de nouvelles taxes douanières globales de 15 % (initialement fixées à 10 %), invoquant d’autres bases légales pour contourner la décision de justice.
Dans une série de publications sur son réseau social Truth Social, le président Trump a averti les pays contre toute remise en question des accords commerciaux récemment négociés avec les États-Unis. Il a menacé d’imposer des droits de douane encore plus élevés à ceux qu’il accuse de « profiter » des États-Unis depuis des années.
« Tout pays qui veut ‘jouer à un jeu’ avec la décision ridicule de la Cour suprême, en particulier ceux qui ont ‘arnaqué’ les États-Unis pendant des années, voire des décennies, se verra confronté à un tarif beaucoup plus élevé, et pire encore, que celui qu’ils ont récemment accepté. ACHETEUR, ATTENTION !!! »
Donald Trump, président des États-Unis
M. Trump a affirmé que, malgré l’annulation des droits de douane fondés sur la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA) de 1977, il dispose d’autres leviers légaux pour imposer des tarifs douaniers de manière « beaucoup plus puissante et odieuse ». Il a également évoqué la possibilité d’instaurer des frais de licence pour les partenaires commerciaux, sans toutefois fournir de détails précis.
Cette volte-face a immédiatement provoqué des remous au niveau international. L’Union européenne a décidé de reporter le vote sur l’accord commercial conclu avec les États-Unis en juillet 2025, qui prévoyait des droits de douane de 15 % sur la plupart des produits européens, avec des exemptions pour certains secteurs clés. Les négociateurs européens se sont réunis en urgence pour évaluer les conséquences de la décision américaine et décider s’ils doivent suspendre l’accord.
Olof Gill, porte-parole du commissaire européen au Commerce et à la Sécurité, a déclaré que l’UE procéderait à une « évaluation approfondie » des modifications tarifaires américaines une fois que les intentions précises de Washington et la base juridique qu’elle entend utiliser seront clairement établies.
« Il y a beaucoup d’incertitude et d’instabilité aux États-Unis, mais l’UE a besoin de savoir ce que tout changement signifierait pour les tarifs et à quels groupes de produits s’appliquent. »
Olof Gill, porte-parole du commissaire européen au Commerce et à la Sécurité
La Chine a également réagi, appelant les États-Unis à annuler les droits de douane unilatéraux et soulignant qu’il n’y a « pas de gagnant dans une guerre commerciale ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué qu’il suivait de près la situation et les éventuelles mesures prises par les États-Unis.
La décision de la Cour suprême est perçue comme une sévère critique de la politique économique de Donald Trump, qui avait fait des droits de douane un pilier de son programme. Cette décision marque un revers politique majeur pour l’administration américaine et ouvre une période d’incertitude pour le commerce mondial. Les nouveaux droits de douane de 15 % devraient entrer en vigueur demain, avec des exemptions pour certains produits, et expireront dans 150 jours à moins d’une prolongation par le Congrès.
Pour plus d’informations : Donald Trump relève à 15 % le taux des droits de douane mondiaux sur les importations américaines et Chronologie des développements majeurs dans la guerre commerciale de Trump.