Publié le 16 février 2024 18h47. Donald Trump a une nouvelle fois affiché son soutien au sénateur Marco Rubio, tout en esquivant les questions sur son futur successeur à la tête du Parti républicain, alimentant les spéculations sur la course à la présidence de 2028.
- Le président Trump a salué la performance de Marco Rubio lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.
- Il a également critiqué vivement les démocrates Alexandria Ocasio-Cortez et Gavin Newsom pour leurs déclarations à l’étranger.
- Trump continue de ne pas se prononcer sur un candidat républicain potentiel pour 2028, tout en valorisant Rubio et le vice-président JD Vance.
Donald Trump a réitéré publiquement son approbation du sénateur Marco Rubio suite à sa participation à la Conférence de Munich sur la sécurité, sans pour autant dévoiler ses préférences pour l’élection présidentielle de 2028. Le président a exprimé son opinion via son réseau social, Truth Social, multipliant les éloges à l’égard de l’ancien sénateur cubano-américain tout en lançant des attaques contre des figures démocrates.
« Je me rends à Washington DC. Je tiendrai bientôt une conférence de presse avec Air Force One. Marco était fantastique à Munich ! AOC et Newscum ont été une honte pour notre nation. Ils ne devraient pas, pour commencer, critiquer les États-Unis, surtout sur un « sol étranger ». Ils se sont ridiculisés, et le seront toujours ! La corrompue Hillary a simplement montré sa colère et la folie de Trump. « Terribles représentants de notre pays désormais prospère ! » a-t-il écrit.
Ce message souligne non seulement le soutien de Trump à Rubio, mais maintient également son ton combatif habituel envers ses adversaires politiques, qu’il accuse de discréditer les États-Unis à l’étranger.
Des éloges depuis Air Force One, mais pas d’engagement
Quelques heures plus tard, à bord d’Air Force One, Donald Trump a confirmé son évaluation positive de Marco Rubio et du vice-président JD Vance, alors que les spéculations sur la future direction du Parti républicain s’intensifient à l’approche de la fin de son second mandat.
« C’est quelque chose dont je n’ai plus à m’inquiéter maintenant. Il me reste trois ans », a-t-il répondu aux journalistes qui lui demandaient s’il soutiendrait Vance ou Rubio en 2028.
Il a néanmoins réaffirmé son estime pour les deux hommes : « JD est fantastique. Et Marco, ils sont tous les deux fantastiques. Je pense que Marco a fait un excellent travail à Munich. »
Jusqu’à présent, le président a évité de se prononcer sur un successeur clair, bien qu’il ait fréquemment cité Vance et Rubio comme des figures importantes du mouvement républicain. L’année dernière, il avait même affirmé que Vance était « très probablement » l’héritier du mouvement « Make America Great Again » (MAGA), tout en reconnaissant que Rubio serait un « excellent candidat ».
Deux profils distincts au sein du trumpisme
Ces déclarations interviennent après que Marco Rubio ait reçu des retours positifs pour son discours lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. En Allemagne, Rubio a mis en avant l’héritage commun entre les États-Unis et l’Europe et a plaidé pour une « voie commune » vers l’avenir, sans s’éloigner des lignes directrices de l’administration Trump en matière de domination occidentale, d’immigration et de scepticisme à l’égard des politiques climatiques.
Son ton a été perçu comme plus modéré que celui adopté un an plus tôt par JD Vance lors du même forum. À cette occasion, le vice-président avait critiqué les alliés européens et s’était concentré sur les divisions culturelles, un discours qui avait été interprété comme une source de tension dans les relations entre Washington et l’Union européenne.
Rubio a précisé, dans des déclarations rapportées par Bloomberg News, qu’il ne rejetait pas l’approche de Vance, mais qu’il souhaitait expliciter davantage le raisonnement stratégique de l’administration.
Âgé de 54 ans et fort d’une longue expérience de défenseur d’une ligne dure anticommuniste, Rubio a adopté la fermeté de Trump en matière de politique étrangère, tout en conservant un style plus institutionnel axé sur les négociations discrètes.
Vance, 41 ans, est entré en politique nationale après le succès de ses mémoires sur la vie dans les communautés ouvrières de l’Ohio et du Kentucky, et est devenu l’un des visages les plus représentatifs de l’aile anti-élitiste et disruptive du mouvement MAGA.
Rivalité sous-jacente et calcul politique
Depuis des mois, Trump alimente, en privé et parfois publiquement, la perception d’une rivalité entre les deux hommes. Il a laissé entendre à plusieurs reprises que l’un ou l’autre serait mieux placé pour reprendre le flambeau républicain, sans jamais écarter aucune option.
Pour l’heure, le président insiste sur le fait que la question de la succession n’est pas une priorité immédiate. « Il me reste trois ans », répète-t-il. Cependant, ses éloges constants à l’égard de Rubio – en particulier après sa performance à Munich – et sa reconnaissance répétée de Vance maintiennent ouverte la course interne à la direction du Parti républicain dans l’ère post-Trump.
Le message est clair : ils sont tous les deux « fantastiques ». Mais le soutien définitif, du moins pour l’instant, reste en suspens.